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Termes génériques
Déplacements vers l'avant Déplacements vers l'arrière Les changements de direction
Ashi-fumikae Ayumi-ashi Hiki-ashi Hiki-okuri-ashi Hiki-tsugi-ashi Hiki-yori-ashi
Hiraki-ashi Mawari-ashi Mawatte Okuri-ashi O-mawari-ashi Sashi-ashi
Suri-ashi Surikonde Tai-sabaki Tobi-ashi Tobikonde Tsugi-ashi
Ushiro-mawari-ashi Yori-ashi Terminologie
Information pratique : Cadre de ce type Doigt vers la Gauche Cadre animé
Animation par Survol de l'image

Les déplacements (Unsoku)

Les déplacements font partie de notre quotidien et personne ne peut contester son importance dans nos relations sociales (sauf peut-être les internautes lobotomisés dans leur cercle d'amis virtuels). Quel que soit le mode de déplacement utilisé, véhicule motorisé ou non, vélo, cheval, ULM ou autres, le problème de l'équilibration est un atout majeur que nous, piétons, avons tendance à se fiche comme de notre première chaussette. Pourtant la simple marche naturelle met en action, à notre insu, une foule « d'instruments de mesure » et de moyens complexes agissant à l'unisson pour contrôler et résister au déséquilibre permanent.

Si une position peut être stable, marcher, courir ou sauter nous met forcément dans une situation d'équilibre précaire, donc de faiblesse évidente pour les combattants que nous sommes. Nous n'avons rien à envier aux nobles pingouins qui se dandinent d'un pied sur l'autre pour parcourir les quelques mètres qui les séparent de leur milieu de prédilection: l'eau. La ressemblance s'arrête à la marche, notre aisance dans le milieu aqueux n'en est qu'a son balbutiement.

Grossièrement, se déplacer équivaut à transférer le poids du corps sur un pied pour pouvoir déplacer tant bien que mal l'autre jambe et enfin stabiliser l'ensemble (retrouver l'équilibre) à un endroit différent avant de repartir pour un nouveau cycle. J'ai beau regarder le phénomène du déplacement dans tous les angles, je ne peux y trouver un seul instant ou l'équilibre n'est pas remis en cause. C'est la bête noire des artistes martiaux. Le concept d'équilibre est traité à la page des techniques de pieds.

Nous avons deux jambes et devons faire avec. L'idéal serait de se déplacer suffisamment vite pour que ce déséquilibre devienne imperceptible (à l'œil exercé du borgne). Afin de réduire cette instabilité, en règle générale, le pied se déplaçant va frôler l'autre dans une trajectoire légèrement courbe et poursuivre jusqu'à atteindre sa position finale. Cette façon de se déplacer va permettre de conserver notre centre de gravité à l'intérieur du polygone de sustentation (présumé, car à ce moment nous n'avons qu'un seul appui). En cas de nécessité, le pied en mouvement se pose à la verticale de sa position et, ainsi, l'équilibre parfait est rétabli pour une réaction rapide et efficace.

Un déplacement doit être fluide, précis et imprévisible. La vitesse n'est, me semble-t-il, que subjective et de toute façon nous trouveront toujours quelqu'un de plus rapide que nous. Alors développons d'autres dispositions qui se chargeront de réduire notre « lenteur ».

Pourquoi nous déplaçons-nous? Pour se défendre, pour attaquer, sortir d'un emplacement potentiellement dangereux ou simplement modifier la distance entre nous et les autres. Nous avons toutes les raisons du monde pour changer de place et il ne faut nullement perdre de vue qu'un combat n'est jamais statique. Notre mobilité va passer par un contrôle approprié de notre corps dans l'espace immédiat.
Un déplacement peut en cacher un autre. Rien n'est fini, figé. Parce que nous ne sommes pas seul, ce que nous commençons (avec un engagement total) n'a pas forcement la vocation d'aboutir. L'adaptation, aussi bien de la technique que du déplacement doit être intégrée à notre apprentissage. Passer d'une position à une autre, sans transition, sans « accroc » est un travail difficile à effectuer à chaque entraînement, même si ce n'est pas le thème abordé par votre enseignant. Pour ce faire, il faut appréhender le mécanisme des différents déplacements et des liaisons possibles entre chaque (ici votre instructeur vous guidera, pour ce qui suit également). Ressentir tous les « éléments physiques » qui nous permettent de nous mouvoir pour ensuite les mettre en action de façon ordonné afin de réduire au maximum les mouvements parasites et profiter de toute la puissance de chacun d'eux.

La fluidité du déplacement va s'obtenir à partir du travail de quelques principes de base :

La rectitude de la colonne vertébrale. Cela ne signifie pas que le corps est roide mais seulement vertical donc propice à se mouvoir dans toutes les directions sans être entraîné dans celle ou le poids du buste ou de la tête nous dirige.
Les hanches doivent rester sur un même plan horizontal. Si vous les montez ou les descendez, votre déplacement ne pourra pas être linéaire (c'est le plus court chemin d'un point A à un point B).
Le ventre, détonateur du mouvement explosif, doit être en permanence sous-pression. Tout vient de lui, s'il est au repos, il lui faudra se contracter pour donner l'impulsion à la hanche qui elle-même passera le flambeau au groupe musculaire approprié. Alors gagnons du temps et faisons « chauffer la marmite ».
La respiration: l'inspiration nous donne toute la liberté du mouvement, l'expiration toute la force finale.
La décontraction globale du corps, indissociable de la vitesse, sera fournie, en autre, par l'inspiration.
La légèreté, cette sensation qui vous donne des ailes, qui vous fait « flotter » sur le sol malgré vos ancrages, votre puissance et obtenue grâce au pouvoir de l'esprit.
Le mental est l'atout essentiel. Vous ne pourrez jamais vous déplacer rapidement vers l'avant, par exemple, si votre mental reste en défense. Vous ne pourrez jamais vous déplacer rapidement si vous vous sous-estimez. Vous ne pourrez jamais vous déplacer rapidement s'il n'est pas libre.

Cette précision intègre la distance, en fonction de votre objectif (coller à l'adversaire, esquiver, bloquer, frapper du pied/genou, de la main/coude, saisir, fuir,...), le positionnement du ou des pieds (angle et surface de pose) pour l'étape suivante, la position (hauteur) verticale du corps ainsi que la longueur du pas.
Dans un Dojo, le sol est uniforme. Il n'en est pas de même à l'extérieur, aussi, vos pieds doivent-ils « survoler » le sol et vous aurez de plus déjà intégré visuellement sa configuration avant votre déplacement. La précision intègre donc une vision objective de l'environnement (dont vous et vos adversaires font partie). Voyez le chapitre traitant de la vision périphérique.
Si le déplacement associe une frappe du pied, ne jamais se laisser emporter par celle-ci. C'est vous et uniquement vous qui décidez de l'endroit ou votre pied va se poser.

La notion de timing est également essentielle à un bon déplacement.

En défense, il n'interviendra ni trop tôt, l'autre modifiera son action en cours, ni trop tard, sans commentaire. L'attaquant doit être persuadé de toucher sa cible. Ce n'est qu'à ce moment-là, où il deviendra « prisonnier de son action », que vous l'effectuerez.
Remarque : un déplacement n'est pas obligatoirement accompagné d'une modification des appuis, ce peut être une simple adaptation du poids du corps sur eux (ex : esquive du buste).

En attaque, il interviendra à un moment ou la réaction de l'autre sera « en différée »: distraction, relâchement, inspiration (respiration), pendant son déplacement, etc... ne jamais oublier qu'un déplacement offre la faiblesse que cherche un bon pratiquant.

En attente ou en garde, les déplacements doivent être mesurés, imperceptibles et cependant aptes à modifier sans cesse la distance vous séparant de l'autre. Les sautillements sont dénués d'intérêt. Ils vous fatiguent inutilement et vous mettent en position de faiblesse (déséquilibre) permanent. Un corps en suspension n'a d'autre objectif que l'atterrissage et, bien pesé par l'autre, risque d'être douloureux.

Il est évident qu'un déplacement doit être sans appel, brusque, imprévisible. Oubliez le pied qui se déplace, les orteils qui se lèves ou se crispes. Oubliez les grimaces ou pincements de lèvres, le gonflement des jugulaires ou le regard qui fluctue. Oubliez le buste qui part avant le reste... Dans ce registre, les Kata offrent une bonne base de travail. La moindre modification de vos appuis ou signal physique incontrôlé est un indicateur, non seulement de votre élan mais également de « l'arme » que vous allez utiliser. Le Sen-no-sen est dans l'escarcelle.

Dans le recueil de l'imprévisible, un déplacement n'est pas uniquement un changement de position. Il est la base de nombreux balayages ou déséquilibres venant en complément des techniques. Ecraser un pied ou frapper la cheville au passage en sont d'autres applications.

Un bon déplacement va largement augmenter l'efficacité de vos techniques. D'autres induirons vos adversaires dans des actions prévisibles ou sapera et sa stabilité et son mental. D'autres encore vous mettrons hors de portée de ses bras ou jambes et vous donnerons toute liberté d'action.

Un mauvais déplacement risque fort de vous faire subir toute la puissance d'un adversaire revigoré par votre maladresse. Un déséquilibre né de déplacements incontrôlés est difficile à réajuster aussi bien en attaque qu'en défense. Un recul systématique sur des attaques en « rafale » vous mettra à sa merci dès le troisième déplacement (débordement).

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Les Termes génériques

Ashi

Terme générique pour désigner la jambe ou le pied .

Ashi-sabaki

Correspond à un déplacement nous permettant de réajuster notre distance par rapport à un adversaire.

Ayumi-ashi

Correspond à un déplacement en ligne droite vers l'avant.

Hiki-ashi

Correspond à un déplacement en ligne droite vers l'arrière.

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Les déplacements vers l'avant

Ashi-fumikae Ayumi-ashi Okuri-ashi Suri-ashi Surikonde Tobi-ashi
Tobikonde Tsugi-ashi Yori-ashi
Ashi-fumikae

Ce n'est pas vraiment un déplacement vers l'avant, ni même vers l'arrière, c'est un peu des deux. C'est en fait l'inversion des pieds sur place, un changement de garde. Dans une position quelconque, il y a recul de la jambe avant puis avancée de l'arrière. Ce changement de jambe effectué sur place n'a pas d'application particulière en combat, quoique !!! Nous retrouvons cette forme dans le Kata Empi dans la position Ko-kutsu-dachi.

Ayumi-ashi

C'est la « marche normale ». Un pied passant devant l'autre en ligne droite vers l'avant. Le déplacement, d'amplitude variée, est utilisé pour des attaques puissantes (amplifiées grâce au déplacement) et quelque fois pour casser la frappe adverse (Sen-no-sen) avec un éventuel retrait de l'épaule opposée.
Je vais développer dans le chapitre suivant quelques principes généraux à pratiquement tous les déplacements (ventre, hanche,...).

Déplacement en Zen-kutsu-dachi

Ce déplacement fondamental est certainement le plus difficile à effectuer correctement. Il est le premier à être étudié et peut être le dernier à être réellement compris donc, bien exécuté. Sa grande amplitude apporte à la technique (souvent de poing/main) une puissance extraordinaire mais de nombreux « problèmes » devront être résolus. La vitesse, la hauteur et la mobilité des hanches, la propulsion, la position et l'écartement des pieds, la respiration et la puissance des membres inférieurs n'en sont que quelques-uns.


Le premier point, souvent négligé par la plupart des pratiquants, est la puissance et la résistance des membres inférieurs. Sans elles, il me semble impossible d'obtenir un déplacement fluide, constant et fort à la fois. Attention cependant à la musculation « mécanique », un muscle volumineux va perdre toute sa tonicité. Un travail régulier en position basse, voire très basse, est LE moyen idéal pour le renforcement des jambes d'une part, mais aussi pour celui du ventre et de l'ensemble des muscles du buste.

Le ventre est la clé de tous les mouvements. Sans celle-ci (la clé), l'efficacité reste au placard. Dans les arts martiaux orientaux, c'est ici que se situe ce qui est nommé « Hara », « Tanden » , « Tantien » et qui se situe à deux doigts en dessous du nombril. Il représente le centre de gravité de l'homme et son réservoir énergétique. La moindre des choses que nous puissions faire, pratiquant le Karaté-do, c'est d'en avoir conscience et au moins le garder « sous-tension » pendant les entraînements, voire au-delà.

Les hanches, juste après le Hara, sont les secondes pièces maîtresses du mouvement. Apprendre à les mouvoir, sans retenue, dans toutes les directions est essentiel. Elles sont nos « lanceurs » de ball-trap. Elles vont propulser nos bras, nos jambes, notre corps entier dans la direction de notre choix et, la ligne droite étant le plus court chemin entre deux points, elles se déplaceront sur une trajectoire parallèle au sol ou du moins sur une trajectoire rectiligne.

La vitesse, toute relative, est la résultante d'une parfaite utilisation de son corps et de son esprit. Le néophyte s'y hasardera tout de suite... et longtemps avant de comprendre qu'il ne faut pas la « rechercher ». Elle vient naturellement à ceux qui savent attendre, comprendre et utiliser les mécanismes qui lui sont attachés (avec l'aide de l'instructeur).

L'écartement des pieds, détermine la base (le polygone de sustentation) de notre stabilité. La projection au sol de notre centre de gravité doit rester à l'intérieur de ce polygone sinon PATATRAS... Cependant, tout mouvement met en danger cet équilibre précaire aussi il nous faut jouer d'astuces pour rectifier rapidement le déséquilibre. La position Zen-kutsu-dachi est très stable car l'écartement de nos pieds est important (voir la page sur les positions) mais se déplacer aisément et de façon uniforme est bien loin d'être une sinécure. Les Kata peuvent tout-à-fait nous y aider.

La respiration est indissociable de tout effort physique. Comme signalé plus haut, l'inspiration nous donne toute la liberté du mouvement (dont dépend la vitesse), l'expiration toute la force. Les rythmes respiratoires sont nombreux et chaque type de respiration (ventrale, thoracique,...) a son domaine de prédilection (l'apprentissage fait partie des cours).

La propulsion et la traction: les déplacements font appel à ces deux principes dont la différence réside essentiellement dans les groupes musculaires mis en œuvre. Bien comprendre quand l'une et l'autre entre en action est une des portes ouvrant sur le chemin de la puissance et pourquoi pas de la vitesse.


Le déplacement: le pied arrière dépasse largement le pied avant en suivant une trajectoire légèrement circulaire passant à côté de ce pied d'appui. En phase finale (en mode éducatif et non de combat), l'écartement des pieds devra être respecté dans les deux directions. La hauteur des hanches ne variera pas durant le déplacement et le buste parcourra une trajectoire la plus rectiligne possible tout en conservant sa verticalité.

La vidéo ci-dessous n’en montre que la décomposition. En réalité, seul le déplacement des jambes décrit un arc de cercle car le buste, quant à lui, suit une trajectoire parfaitement rectiligne.

Ayumi-ashi en Zen-kutsu-dachi

Décomposition en quatre phases:
1ère phase: l'impulsion. A partir d'une forte participation des abdominaux, des adducteurs et d'une poussée vigoureuse de la partie antérieure de la plante du pied (arrière), côté gros orteil (Koshi), les hanches seront projetées vers l'avant. Durant cette action, la jambe avant fléchira et « tirera » le corps dans la même direction. En fin de phase, le pied arrière se situera sensiblement en avant du pied d'appui.

2ème phase: la poussée. Cette phase va amener l'accélération finale au mouvement. La jambe d'appui va prendre le relai et d'une vive impulsion, propulsera le corps entier vers l'avant. Attention, ce n'est qu'à ce moment, ni avant, ni après, que le pied de cette jambe d'appui tournera vers l'extérieur pour prendre son angle final.

3ème phase: l'arrivée. Dès que le pied touche le sol, la contraction intégrale et vigoureuse du corps stoppera net le déplacement. C'est à ce moment précis que la technique (de main), touchera son but. La préparation et le développement de la technique de frappe, pendant le déplacement, majorera sa vitesse.

4ème phase: la décontraction. Elle est obligatoire pour retrouver (immédiatement) toute notre disponibilité.

Déplacement en Ko-kutsu-dachi

Même si cette position n'est pas favorable à un déplacement vers l'avant, elle existe et doit être maîtrisée dans toutes les directions. Le poids du corps étant supporté à environ 70% par la jambe arrière, il faudra le transférer sur la jambe avant sans relever la hauteur des hanches ni incliner le buste. En fin de parcours, les deux talons se retrouveront sur une même ligne et l'intervalle entre les pieds devra correspondre à celui d'avant le déplacement. Le corps est de ¾ et la colonne vertébrale droite.

Décomposition en quatre phases:
1ère phase: l'impulsion. A partir d'une contraction énergique des abdominaux, des adducteurs et d'une forte poussée du pied arrière, amener ce dernier au niveau du pied avant en fléchissant le genou de la jambe d'appui pour que les hanches se déplacent parallèlement au sol. Par ces actions c'est en réalité les hanches qui seront propulsées vers l'avant. Le buste reste bien vertical et le talon de la jambe arrière se situe sensiblement en avant du pied d'appui. Les deux pieds forment toujours un angle droit.

2ème phase: la poussée. Comme pour tous les déplacements vers l'avant c'est à ce moment que la jambe d'appui, d'une prompte impulsion, va propulser le corps entier dans la même direction. Pendant la poussée, les deux pieds vont effectuer simultanément une rotation de 90° dans le même sens, le pivot étant la partie antérieure de la plante du pied d'appui.

Les 3ème et 4ème phases (arrivée et décontraction) correspondent respectivement à la 3ème et 4ème phase du déplacement en Zen-kutsu-dachi (voir ces chapitres).

Déplacement en Kiba-dachi

Le poids du corps étant bien réparti sur les deux pieds, ce déplacement, à priori, ne pose pas de problème particulier si ce n'est la conservation de la ligne de déplacement après la rotation. Dans la pratique, il n'est guère rare de retrouver l'élève sur un axe ayant varié de ¼ de cercle par rapport à la ligne de déplacement. Ce phénomène est essentiellement dû à un déplacement du pied arrière passant trop loin du pied d'appui, assorti d'une mauvaise contraction du corps qui doit stopper net la rotation.
Techniquement il se décompose en cinq phases mais il est évident qu'en combat, il est effectué en une seule sensation. De nombreux Kata exploitent cette position et en travaillant avec sérieux, dans une vingtaine d'années, nous pourrons nous déplacer librement à partir de Kiba-dachi.
1ère phase: l'impulsion. A partir d'une forte participation des abdominaux et des adducteurs, amener le pied arrière au niveau du pied avant (Heisoku-dachi), sans le poser. Pendant le trajet, afin de conserver la hauteur des hanches, les genoux fléchissent et le buste reste vertical.

2ème phase: la rotation. Elle peut se faire indépendamment en rotation « avant » ou « arrière » en fonction de l'objectif visé. Dans les deux cas ce sont les hanches qui actionnent cette giration sur 180° et le regard doit précéder le mouvement. Elle doit être sèche et puissante pour entraîner le corps entier dans son sillage. L'axe vertical de rotation passe par la partie antérieure (Koshi) de la plante du pied d'appui et les deux chevilles « restent collés ».

3ème phase: la poussée. Cette phase va amener l'accélération finale au mouvement. La jambe d'appui va prendre le relai et d'une vive impulsion, propulsera le corps entier vers l'avant sans changer d'axe et sans relever les hanches.

Les 4ème et 5ème phases (arrivée et décontraction) correspondent respectivement à la 3ème et 4ème phase du déplacement en Zen-kutsu-dachi (voir ces chapitres).

Déplacement en Sanchin-dachi

Cette position favorise grandement les déplacements multidirectionnels rapides. Le poids du corps étant bien réparti sur les deux jambes, l'écartement des pieds assez réduit et les abdominaux et adducteurs déjà en « tension », une simple impulsion suffit à déplacer rapidement la jambe arrière vers une position avant. La trajectoire du pied en mouvement passe à proximité de l'autre suivant une courbe identique au Zen-kutsu-dachi. Le pied d'appui prend son orientation définitive une fois que le pied arrière l'ait dépassé.

Okuri-ashi

Ce « douple pas » permet de couvrir rapidement une distance moyenne, voire « importante », sans changement de garde. Le pied arrière passe devant le pied avant puis, ce dernier se déplace dans la même direction pour reprendre la position initiale. De type Tsugi-ashi il permet des attaques puissantes de poings. Dans sa seconde phase, il est également propice à des attaques directes du pied avant.

Suri-ashi

C'est un pas de type « chassé », tel Tsugi-ashi, permettant de couvrir rapidement une courte distance sans changer de garde. Le pied arrière vient se poser derrière le talon du pied avant, puis, ce dernier glisse dans la même direction pour reprendre la position initiale. Ce petit déplacement permet des frappes rapides au visage en conservant sa protection originelle.

Surikonde

C'est un pas chassé. Très proche du Tsugi-ashi, il permet cependant de couvrir plus rapidement une courte ou moyenne distance en conservant l'avantage d'un non-changement de garde. Le pied arrière vient « percuter » le talon du pied avant et le propulse dans la même direction. Ce déplacement permet d'amplifier grandement la puissance d'un coup de pied avant de type Mae-geri (Surikonde-mae-geri). Sa rapidité d'exécution, associée à l'un des moments choisis (cités plus haut) ne donne que peu de chance à l'opposant. Attention cependant à rectifier l'axe de frappe de la jambe avant car ce déplacement déporte légèrement (vers l'extérieur) la ligne d'avancée. Maintenez bien votre garde, comme dans tous les déplacements rapides elle a tendance à vous « lâcher ».

Tobi-ashi

Pas sauté directement sur place en levant très haut les genoux et croisant les jambes comme pour esquiver un coup de bâton ou de pied visant les membres inférieurs. Le Kata Heian Godan en possède un bon exemple avec une rotation à 270° arrière. Pendant le saut, il est tout à fait possible de détendre une des jambes pour frapper l'adversaire au visage (ou au plexus pour les moins souples). Ce coup de pied « surprise » possède suffisamment de puissance pour « calmer » le belligérant.

Tobikonde

Ce pas sauté permet de couvrir de grandes distances (vraiment de très grandes distances) à partir d'un seul déplacement. La surprise, si elle existe, réside essentiellement dans le confort que peut ressentir l'adversaire d'être si loin d'une attaque potentielle. Plus la position de départ est basse et plus la distance parcourue pourra être importante. Le principe de déplacement est sensiblement identique au Surikonde mais le pied arrière sera lancé au-delà du pied avant et propulsera le corps dans la même direction. De nombreuses techniques de pieds peuvent être associées à ce déplacement mais le plus simple reste le Tobikonde-mae-geri et pour profiter pleinement de l'allonge qu'il procure, le Maete-zuki est tout à fait approprié.

Tsugi-ashi

C'est un déplacement qui permet de couvrir rapidement une distance sans changer de garde. Le pied arrière vient se poser derrière le pied avant et propulse le corps dans la même direction. Ce déplacement est souvent appelé à tort « pas chassé ». Ce pas en succession est propice aux attaques directes de type Maete-zuki ou encore des attaques à partir du pied avant.
Ce déplacement de petite ou moyenne amplitude, très prisé des compétiteurs, permet de prendre rapidement l'initiative en combat. La distance nous séparant de l'opposant est très rapidement couverte et nous permet des attaques directes tout en conservant une bonne protection de notre ligne médiane, à condition de conserver une de nos mains dans l'alignement du plexus.

Yori-ashi

C'est le « pas glissé ». Sa faible amplitude lui confère rapidité et puissance aussi bien en attaque qu'en contre (Sen-no-sen). Il peut s'effectuer dans toutes les directions et consiste à déplacer un pied, d'un intervalle plus ou moins grand, et ramener l'autre afin de retrouver une position identique à celle du départ. Le transfert de poids est, dans certains cas, imperceptible et l'attaque arrive sans préparation particulière. Ce déplacement porte presque bien son nom, le pas glissé. Ce n'est que la vision qu'un néophyte peut en avoir. En effet, les pieds, dans leur mouvement, « flotte » au-dessus du sol. N'oubliez pas que le terrain extérieur est loin du lissé de notre cher Dojo. L'attaque au visage, du type Maete-zuki, est la plus utilisée pour diverses raisons. La tête étant « surprotégée », l'opposant perçoit (une) attaque dans sa direction et réagit vivement de façon plus ou moins judicieuse et d'autre part de nombreuses techniques en rafale sont tout à fait envisageables.

Déplacement vers l'avant : indépendamment de la technique employée, trois actions physiques simultanées sont nécessaires au départ de l'action. Une forte contraction des abdominaux et du quadriceps de la jambe avant à laquelle s'ajoute une impulsion effectuée à partir de la partie antérieure de la plante du pied, côté gros orteil (Koshi). Le pied arrière peut ainsi projeter, sur une distance appropriée, le pied avant. Ensuite, la jambe avant (le ventre aussi) entre en action, elle tire (genou verrouillé) la jambe arrière sur la même distance.

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Les déplacements vers l'arrière

Hiki-ashi Hiki-okuri-ashi Hiki-tsugi-ashi Hiki-yori-ashi
Hiki-ashi

Déplacement vers l'arrière destiné à rectifier rapidement la distance lors d'un assaut adverse. Utilisé dans le but d'absorber l'attaque, il doit être limité au stricte nécessaire pour pouvoir porter un coup décisif une fois la stabilité retrouvée. Certaines positions sont plus appropriées que d'autres pour des déplacements arrière rapides et qui permettent des ripostes efficaces de pieds ou de poings/mains. Le Ko-kutsu-dachi, par exemple, va permettre l'absorption d'une attaque plus pénétrante que le Sanchin-dachi ou Neko-ashi-dachi. Ces trois postures donnent une très bonne liberté de mouvement multidirectionnel. Le Zen-kutsu-dachi est à éviter car si la position est très stable et puissante, elle ne permet que difficilement les changements d'orientations.

Dans cette catégorie, nous allons retrouver pratiquement tous les déplacements dirigés vers l'avant.

Hiki-ashi
Déplacement Hiki-ashi
Hiki-okuri-ashi

Ce « double pas » arrière est surtout destiné à surprendre un adversaire arrivant dans notre dos avant que celui-ci n'ai eu le temps d'organiser son attaque. Il sera accompagné d'une technique de pied pouvant « stopper » brutalement son avancée. Ushiro-geri ou Yoko-geri sont tout à fait appropriés et suffisamment puissants pour cet objectif. Le pied avant croise le pied arrière puis, ce dernier effectue la technique avant de se stabiliser au sol. Le regard doit impérativement suivre la progression de l'attaquant sans « donner l'éveil ». Ce n'est qu'au dernier moment que la tête tourne vers lui afin d'ajuster le coup de pied.
La maitrise de la distance est délicate pour plusieurs raisons. L'espace nous séparant fond rapidement en fonction de la vitesse de l'autre et de la nôtre et nous laisse peu de temps pour son évaluation. Les frappes arrière ne sont pas très courantes lors des entraînements, aussi est-il difficile de conjuguer vitesse, précision et puissance.

Hiki-tsugi-ashi

Le « pas chassé » arrière, comme l'Hiki-okuri-ashi, n'est pas non plus destiné à la défense ou l'absorption d'une attaque. Le pied avant recule et se pose devant le pied arrière et propulse ce dernier dans la même direction. D'exécution relativement lente, il se prête plus à surprendre un adversaire arrivant derrière nous. Toutes les remarques sur l'Hiki-okuri-ashi sont également pertinentes pour ce déplacement.

Hiki-yori-ashi

Le « pas glissé » arrière n'est pas forcément un mouvement de recul naturel pour organiser sa défense mais, rapide (dans quelques cas), il offre de nombreuses possibilités de frappe du pied avant. Pour des ripostes de la main/poing, il faudra le plus souvent réajuster la distance en avançant quelque peu. Ce type de déplacement effectué en diagonale permet, d'une part de sortir de l'axe d'attaque et, d'autre part de rester « collé » à l'adversaire et réagir promptement.
Une contraction importante des abdominaux à laquelle s'ajoute une poussé du pied avant va permettre ce retrait du pied arrière. Le blocage, s'il existe, arrivera certainement avant le retour à une position stable sur ses deux appuis. La cause première est le temps perdu, aussi infime soit-il, par le transfert du poids du corps sur la jambe avant donc l'avancée des hanches puis leur recul. Une position équilibrée de faible amplitude (Sanchin-dachi, Shinzentai,...) peut minimiser ce problème. Alors, prudence et frappe sur des points « sensibles » me semble de rigueur.

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Les changements de direction

Les changements de direction sont multiples et même permanents puisque qu'un combat, par définition n'est jamais statique, sauf peut-être pour les joueurs d'échec (ce sont leurs neurones qui sprintent, mais là, les deux miens ne rivalisent pas). Depuis la simple modification de garde à des rotations complètes du corps en passant par les déplacements imperceptibles des orteils, tout est bon pour modifier sa position dans l'espace et dérouter le ou les adversaires. L'espace est vaste et ses trois dimensions nous concernent pleinement. Implicitement, l'ensemble des changements de directions peuvent être précédés ou suivis par des déplacements de tous types.
Je présente seulement ici les principaux avec des angles « prédéfinis ».

Hiraki-ashi Mawari-ashi Mawatte O-mawari-ashi Sashi-ashi
Tai-sabaki Ushiro-mawari-ashi
Hiraki-ashi

Ce déplacement latéral correspond à un pas glissé (de type Yori-ashi). Il permet de sortir très rapidement de la ligne d'attaque (esquive) soit sur l'intérieur (Uchi-hiraki-ashi), soit sur l'extérieur (Soto-hiraki-ashi) tout en restant à bonne distance pour réagir efficacement avec ou sans blocage préalable. La forme Soto reste la plus intéressante car elle permet de nombreuses combinaisons de techniques en restant relativement protégé des réactions adverses.

Mawari-ashi

Déplacement en rotation sur la jambe avant. Le pied avant va servir de pivot autour duquel la jambe arrière va se déplacer. Le regard précède toujours le mouvement et les hanches propulsent le reste du corps dans la nouvelle direction. Elle se situe approximativement à 90° par rapport à l'axe de la position initiale. L'inconvénient majeur est le transfert du poids sur la jambe avant qui affaiblit notre défense pendant le changement d'orientation.
Voici les quatre formes retenues : les deux premières avec retrait du pied arrière et les deux autres avec avance de ce même pied.

Décomposition du déplacement en position Fudo-dachi, jambe gauche en avant.

1ère forme : transfert du poids du corps sur la jambe avant, amener le pied arrière proche de l'autre, pivoter d'un quart de tour sur la droite (pivot : balle du pied avant) puis reposer le pied droit en arrière sur le nouvel axe. La garde doit toujours être présente et dirigée vers le danger potentiel.

2ème forme : transfert du poids du corps sur la jambe avant, amener le pied arrière proche de l'autre, pivoter d'un quart de tour sur la gauche (pivot : balle du pied avant) puis reposer le pied droit en arrière sur le nouvel axe. Cette forme est nettement moins « confortable » que la précédente. Le chemin parcouru par le pied arrière correspond à deux largeurs de position et multiplie d'autant le temps de réaction.

3ème forme : transfert du poids du corps sur la jambe avant, déplacer le pied arrière vers la droite sur une trajectoire à peine courbe voire directe (le regard se tourne à 90° vers la droite), reposer le pied droit sur le nouvel axe en respectant la largeur de la position.
Ce déplacement comporte de nombreux avantages. En position Fudo-dachi, le pied servant de pivot reste ancré au sol et nous donne stabilité et « puissance prête à l'emploi ». La vitesse d'exécution permet de casser rapidement la distance nous séparant de l'adversaire et pénétrer dans sa garde avant le développement de sa propre technique (Sen-no-sen). La puissance de notre ou nos actions simultanées est décuplée par notre progression (mouvement vers l'avant) et la force de rotation des hanches. L'esprit est forcément dans l'offensive et majore l'ensemble. C'est ce dernier point le plus difficile à dominer (cette forme correspond un peu à se jeter dans la gueule du loup).

Mawari-ashi
Déplacement Mawari-ashi

4ème forme : Imaginez une ligne droite (D) passant par les deux pieds. Transfert du poids du corps sur la jambe avant en amenant le pied droit proche du gauche (1), faire pivoter ce dernier sur la pointe du pied vers la gauche en poursuivant le déplacement du droit (2) jusqu'à son point d'arrivé pour retrouver la position de départ. Ce type de déplacement, relativement lent, est propice à des techniques circulaires en « Gyaku » préparées pendant la rotation et arrivant dès la stabilisation finale pour profiter pleinement du travail des hanches. Pour notre exemple, exécuté du bras gauche.

Mawatte (ou Kayte)

Le demi-tour est le changement de direction le plus utilisé pendant les entraînements et est généralement accompagné d'une technique de blocage (Gedan-barai). Le demi-tour exploite au maximum la puissance des hanches pour la transmettre à la technique de blocage ou de frappe.
Il existe plusieurs façons de faire demi-tour en fonction, d'une part, de la position initiale mais également de l'objectif visé; du simple changement d'orientation à l'esquive en passant par un blocage ou l'offensive.

Lorsque les deux talons se trouvent sur une même ligne (Ko-kutsu-dachi), nous utilisons ces derniers comme pivot pour nous retourner d'un seul bloc. Le ventre et les hanches restent les éléments essentiels à ce changement d'orientation. Les épaules ne font que suivre le mouvement et le buste doit rester parfaitement vertical. Dans le cas du Kiba-dachi, seule la tête va tourner dans la direction opposée.

En Zen-kutsu-dachi, le poids du corps étant réparti sur les deux jambes, il vous faudra déplacer le centre de gravité légèrement vers l'avant pour déplacer le pied arrière. La flexion du genou de la jambe d'appui vous permettra de conserver la hauteur des hanches et le buste vertical. Ne vous penchez ni vers l'avant, ni sur les côtés. Imaginez deux lignes parallèles à l'axe des épaules dont l'une (L1) se situe sous le pied avant et l'autre (L2) sous le pied arrière. Déplacez le pied de la jambe arrière, le plus loin possible sur la ligne (L2), de l'autre côté de la jambe avant. Les cuisses fortement en contact vous indiqueront la position finale de ce déplacement. A partir d'une forte rotation des hanches, retournez-vous d'un seul bloc.
La préparation de la technique choisie se fera dès les prémices de votre Mawatte afin qu'elle profite pleinement de sa force de rotation et soit effective à l'instant précis de l'immobilisation générale du corps.
Remarques : (1) le déplacement rapide de la jambe arrière peut tout à fait servir à balayer un adversaire. (2) N'utilisez que des techniques qui profitent de l'inertie de la rotation.

Mawatte en Zen-kutsu-dachi

Autre forme: utilisation des pivots arrière.

1ère forme : en Fudo-dachi avec déplacement vers l'arrière. A l'aide des abdominaux, des adducteurs et avec une poussée du pied avant, amenez les hanches au-dessus du pied arrière. Fléchissez bien la jambe d'appui et maintenez le buste droit. Le pied avant ainsi libéré, déplacez-le le plus loin possible vers l'arrière et de l'autre côté de la jambe de soutien, poser la balle de pied puis, par une forte rotation des hanches, pivotez sur les deux pieds dans le sens du déplacement (c'est de toute façon le seul possible, sinon gare aux nœuds). En Zen-kutsu-dachi, c'est le même mode opératoire. C'est d'ailleurs ce type de demi-tour que l'on retrouve dans la plupart des Kata.

2ème forme : toujours en Fudo-dachi mais sans déplacement vers l'arrière. Imaginez toujours les deux lignes parallèles à l'axe des épaules dont l'une (L1) se situe sous le pied avant et l'autre (L2) sous le pied arrière. Déplacer largement le pied avant de l'autre côté du pied d'appui sur la ligne (L1), en respectant l'écartement initial de la position. A peine le pied posé, par une forte impulsion des hanches, pivotez sur les deux pieds dans le sens du déplacement.

O-mawari-ashi

« O » signifiant « grand », c'est donc une grande rotation ayant le pied avant comme pivot. Le corps pivote de ¾ de tour avec changement de garde (c'est l'autre pied qui se trouve en avant).

Décomposition du déplacement en position Zen-kutsu-dachi, jambe gauche en avant.

Transfert du poids du corps sur la jambe avant. En fléchissant grandement celle-ci, amener le pied arrière très largement au-delà de l'autre (en croisé arrière) puis, dans un brusque mouvement de hanche, faire pivoter le corps entier dans la nouvelle direction. Afin de faciliter la pose du pied arrière à sa position finale, vous pouvez esquisser une rotation des hanches (vers la droite). Dans ce cas, une très bonne gestion de l'espace est nécessaire pour stopper la giration au moment opportun et respecter les angles de déplacement. Les Kata offrent une bonne base de travail pour ces changements de direction qui interviennent en fin des grandes lignes de progression. Un bémol cependant car le O-mawari-ashi est trop souvent fait du même côté : le pied droit servant de pivot.

O-mawari-ashi en Zen-kutsu-dachi
Sashi-ashi

Ce déplacement latéral correspond à un pas croisé. Kosa-ashi en est une autre appellation. A partir d'une position de profil, pourquoi pas un Kiba-dachi (voir la page sur les positions), faites passer votre pied arrière devant l'autre puis déplacer ce dernier dans la même direction pour reprendre la position initiale. Il permet de couvrir une distance moyenne en conservant l'avantage d'un non changement de garde. Ce déplacement peut être les prémices d'une frappe du pied ou de poing (plutôt circulaire tel Uraken).

Sashi-ashi
Déplacement Sashi-ashi
Tai-sabaki

Ce terme est bien plus connu des Aïkidoka puisque une grande partie de cette discipline repose sur les déplacements. Il désigne l'art de se déplacer dans les arts martiaux et sert le plus souvent à esquiver une attaque et à préparer simultanément la contre-attaque en se plaçant dans une position avantageuse. Ce déplacement s'effectue à partir d'une forte impulsion des hanches et, c'est la difficulté, doit être fluide, sans à-coup et très proche de l'adversaire.

Le Tai-sabaki désigne deux mouvements de base très important.

1ère forme : Irimi. C'est la plus difficile puisque le défenseur va « plonger » vers l'attaque. J'appellerai cette forme, « esquive par anticipation ».
Admettons deux personnes, face à face en garde identique : jambe gauche devant. (1) est Tori et se prépare à exécuter Oï-zuki en avançant et (2) est Uke.
(1) lance son attaque. (2), avant d'être touché, lance sa jambe droite en diagonale vers sa gauche (donc esquive en avançant largement l'épaule droite dans cette direction) pose le pied au sol et utilise celui-ci comme pivot pour poursuivre la rotation et se retrouver derrière (1). Pendant et après le déplacement, c'est l'imagination (ou l'expérience) du défenseur qui décidera des actions.
Remarque : avant de déplacer sa jambe droite, (1) peut, et c'est fortement conseillé, décaler légèrement le pied gauche vers sa gauche pour sortir de l'axe d'attaque.

2ème forme : Tenkan. Le défenseur s'efface devant l'attaque ou « esquive par absorption ». Toujours les mêmes protagonistes, mêmes positions et même technique. (1) lance son attaque. (2), juste avant d'être touché, déplace légèrement son pied gauche vers la gauche pour sortir de la ligne d'attaque, pivote autour de ce même pied, vers la droite, en effaçant l'épaule droite. L'angle de rotation est surtout en fonction de la pénétration de l'attaque. Plus celle-ci sera longue et plus cet angle sera important. Un seul mot clé : « Adaptation ». En fin de déplacement le défenseur sera dirigé vers l'attaquant près à agir.

Ushiro-mawari-ashi

Déplacement en rotation sur le pied arrière. C'est le déplacement principal que l'on retrouvera dans la plupart des Kata. Afin de conserver la même hauteur des hanches durant le mouvement, la jambe d'appui devra se fléchir au fur et à mesure de leur recul (les hanches) vers le pied arrière. Le genou, quant à lui devra toujours rester sur le même plan vertical que la jambe.

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Terminologie

Abducteurs : Ici ce sont les muscles des cuisses qui permettent l'écartement des jambes.

Adducteurs : Ce sont les muscles des cuisses qui permettent de resserrer les jambes. Ils se situent à l'intérieur des cuisses.

Dojo : Un Dojo est un “ Lieu où l'on s'éveille par l'étude et par l'enseignement ”. Il est consacré à la pratique des Arts Martiaux ou à la méditation. Pour plus d'information, se référer à la page du Dojo.

Gyaku : Utilisation (technique effectuée) du membre supérieur contraire à la jambe avancée.

Kata : Un Kata (qui signifie « forme ») est un enchaînement codifié et structuré de techniques ayant pour but la formation du corps, l'acquisition d'automatismes ainsi que la transmission de techniques secrètes. Le Kata dépasse l'aspect purement technique en permettant au pratiquant, par de très nombreuses répétitions, de tendre vers la perfection du geste et surtout de faire l'expérience de l'esprit.

Le polygone de sustentation : Appelé quelque fois « surface de sustentation » c'est la surface au sol sur laquelle un corps repose. Lorsque nous nous tenons debout, cette aire est matérialisée par le « rectangle » qu'occupent nos deux pieds. Plus simplement, il s'agit de la surface délimitée par l'extrémité de tous les points d'appui. Si nous levons une jambe, cette surface est réduite à la seule assise de notre pied. Plus cette surface est petite et plus la stabilité est précaire et forcément plus elle est grande et plus le maintien est assuré.

Quadriceps : Le quadriceps est le muscle le plus volumineux du corps humain. C'est lui qui supporte en grande partie notre poids et nous permet de nous déplacer. Il se situe sur la face antérieure de la cuisse (sur le devant). Il contribue fortement à l'extension de la jambe lors des coups de pieds.

Sen-no-sen : C'est une disposition mentale qui permet au défenseur de contre-attaquer avant que la technique adverse ne parvienne à son but. C'est en quelque sorte, une attaque dans l'attaque. Le blocage, perte de temps, n'est pas effectué et le contre arrive en coup d'arrêt. Pour parvenir à ce résultat il nous faut posséder une perception hors du commun, une vitesse de réaction qui va de pair, une décontraction totale et un esprit parfaitement calme.
Au stade de la perfection, l'initiative sera prise au moment même où l'adversaire décidera d'attaquer. C'est le stade ultime pour lequel nous devons travailler.

Tori : Désigne ici l'attaquant.

Uke : Désigne ici le défenseur.

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