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La formation du Karaté à Okinawa La tradition ésothérique L'art du combat Chinois
Le karaté moderne de Sensei Itosu L'école Shotokan de Sensei Funakoshi

Histoire du KARATE

La formation du Karaté à Okinawa

C'est avec Sôkon Matsumura né au début de XIXe siècle que le karaté passe de la légende à une véritable connaissance historique. Il était maître d'arts martiaux et vassal du roi, il connaissait l'art du combat chinois et l'art du sabre japonais. Remonter antérieurement ne permet que constituer qu'un ensemble d'hypothèses sans certitude.
Il est probable que l'art du combat chinois ait été introduit à Okinawa par trois filières complémentaires: l'apport des voyageurs venus de Chine, la transmission par les Chinois installés dans l'île et, à une période un peu plus tardive, celui des habitants d'Okinawa qui firent le voyage de Chine.

La tradition ésotérique

Dès le XVe siècle, le Roi des Ryû-kyû interdit le port des armes. Cette interdiction est donc bien antérieure à la domination des féodaux japonais au XVIIe siècle. C'est la noblesse, formant un cercle privilégié, qui, la première a pu accéder à l'art du combat transmis par les ambassades chinoises et par les habitants de Kumé. La technique Udon-té (Udon signifie palais) était transmise à cette époque aux fils aînés des familles de la haute noblesse. La famille Motobu fut la seule à avoir pu perpétuer cette tradition jusqu'au début du XXe siècle. Craignant ensuite la disparition de ce savoir, le dernier descendant, Chôyû Motobu le transmit à son disciple Seikichi Uehara qui l'enseigna dans son Dojo. Le secret de la transmission était respecté à tel point que Chôki Motobu, le frère cadet de Chôyû, n'avait pas eu connaissance de l'art de la famille que pratiquait son frère aîné.
Une opposition était pourtant depuis longtemps établie à Okinawa entre les deux termes Tô-dé (art du combat chinois) et Okinawa-té (l'art du combat d'Okinawa). Okinawa-té étant lui-même divisé en Shuri-té, Tomari-té et Naha-té. Il est fort probable que l'art du combat d'Okinawa se soit développé à partir de l'art du combat chinois.
En ce qui concerne une éventuelle tradition paysanne des arts martiaux, il existe certains indices mais peu de preuves tangibles. Il existait par exemple des danses locales d'Okinawa nommées Ryûkyû Buyô, qui semblaient très proches de la gestuelle de certains Kata de Karaté. Le Karaté de Tomari (Tomari-té) était très proche du Shuri-té mais parfois qualifié de Inaka-té (Karaté des paysans) par les adeptes de Shuri-té car les adeptes du Tomari-té inséraient souvent des gestes décoratifs dans les Kata, ce qui allait à l'encontre de la pratique du Shuti-té qui préférait la simplicité et la rigueur.
Au XVIIe siècle, après avoir envahi le pays, les seigneurs japonais de Satsuma parvinrent à établir une forte domination sur les Ryû-Kyû. La hiérarchie interne se diversifia davantage : noblesse à trois degrés, vassaux à deux degrés et paysans à deux degrés. Au cours des XVII et XVIIIe siècles une partie des vassaux appauvris se tourna vers l'artisanat, le commerce et l'agriculture. Il est probable que l'art des nobles a peu à peu pénétré les autres couches sociales. On trouve des termes tels que "main des vassaux", "main des artisans" ou "main des paysans", le terme "main" () signifiant art ou technique.
Les deux témoignages suivants sont tirés du livre "Histoire du karate-do" de Kenji Tokitsu et sont plus complémentaires que contradictoires.

Témoignage de S. Gima : « Selon mon grand-père, le Karaté-jutsu (appellation ancienne du Karaté-do) n'était jusqu'à son époque pratiqué que dans le village de Kumémura. On disait que le Karaté-jutsu de Shuri avait été rapporté par le Seigneur Makabé à son retour de Pékin (à la fin du XVIIIe siècle). Ensuite commença la lignée des Sakugawa, suivie de Sôkon B. Matsumura et de Ankô Itosu...»

Témoignage de Fuyû Iba (1876-1947), linguiste originaire d'Okinawa : «... je crois qu'il serait plus juste de penser que le Karaté a été importé par les habitants de Ryû-kyû qui allaient périodiquement, pour une durée de deux ans, travailler dans les comptoirs commerciaux de la maison de Ryû-kyû au Fujian en Chine, surtout à la fin de la dynastie Ming au XVIIe siècle, alors que les habitants de l'île étaient soumis à l'interdiction des armes. Ils ont donc appris des techniques d'autodéfense. Mon grand-père est allé lui-aussi plusieurs fois au Fujian où il a appris ces techniques. Mais il refusait d'en parler, disant qu'il s'agissait simplement d'autodéfense. »

Ces témoignages nous laissent supposer que les racines du Shuri-té, habituellement considéré comme le courant le plus ancien, remontent explicitement au XVIIe ou XVIIIe siècle.

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L'art du combat Chinois

L'art du combat chinois a joué un rôle de première importance dans la formation du Karaté. En effet, le Karaté n'aurait pas pris cette forme sans le contact de l'art du combat chinois, même s'il existait auparavant à Okinawa, ce qui n'est pas certain, des techniques de combat suffisamment élaborées pour servir de base à la création d'un art du combat.
De 1372 à 1866 une délégation de l'empereur de Chine est venue vingt-trois fois à Ryû-kyû, pour les cérémonies de consécration du roi et il y a de bonnes raisons de penser que cette ambassade a joué un rôle important dans la transmission de l'art du combat. Les contacts des membres des délégations avec des habitants de Ryû-kyû ne figurent dans aucun document, mais il serait inconcevable que les quelques centaines de personnes des délégations successives soient demeurées plusieurs mois durant sans sortir du petit village de Kumé. Le contact avec eux a certainement été une ligne importante d'infiltration de l'art du combat chinois, sans aller jusqu'à une transmission globale de celui-ci. Pour prendre un exemple, la chronique rapporte qu'en 1683 un des chefs de la mission chinoise portait le nom de Wanshû (Wang Xiù en chinois). Or, nous connaissons aujourd'hui un Kata nommé Wanshû (Enpi en Shôtôkan). Ce Kata était pratiqué jusqu'en 1870 exclusivement dans le village de Tomari. Parmi les documents relatant la venue de l'art du combat chinois à Okinawa, un des plus anciens est le Journal d'Ôshima daté de 1762. Il fut rédigé par un officier du royaume d'Okinawa qui, prit par un typhon, échoua dans une seigneurie du sud du Japon.
Les Chinois installés à Okinawa depuis 1392 dans le village de Kumé ont vraisemblablement, malgré la fermeture du village, communiqué en secret l'art du combat chinois à certaines familles nobles qui avaient des contacts avec eux. Ces familles chinoises ont joué un rôle important depuis le XIVe siècle dans les affaires du royaume de Ryû-kyû et l'art du combat chinois constituait un des privilèges de ce groupe de familles. Cette communauté entretenait régulièrement des contacts par l'intermédiaire des membres de la délégation de l'empereur de Chine qu'elle était chargée d'accueillir. Un art du combat enrichi de savoirs nouveaux devait être communiqué chaque fois, en même temps que d'autres techniques. Cette communication se limitait à certains Chinois du village de Kumé et peut-être à quelques nobles du royaume de Ryû-kyû. La diffusion en dehors du village Kumé fut très certainement pendant longtemps minime.

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C'est à partir du XIXe siècle que la fermeture du village de Kumé se relâcha. Alors l'art du combat longtemps dissimulé derrière ses remparts a peu à peu commencé à filtrer au dehors sous le nom de Naha-té, car ce village dépendait de la ville de Naha.
En outre, à partir du début XVIIe siècle, quelques habitants d'Okinawa commencèrent à se rendre en Chine pour commercer et y restèrent souvent deux années durant. Ces voyageurs, un peu aventuriers, rapportèrent sans doute à Okinawa des techniques de combat à main nue qui leur étaient utiles. Cependant celles-ci ne pouvaient qu'être fragmentaires, parce qu'en deux ans il était impossible d'apprendre dans son ensemble la méthode de l'art martial chinois qui repose sur une conception du corps élaborée.
Il est raisonnable de penser que les courtes séquences techniques répondant directement à une application simple en combat, dont il existe plusieurs types, ont été transmises ainsi et que les habitants d'Okinawa les ont transformées en les adaptant à leur morphologie et à leur mode de vie. Elles formèrent toutefois plutôt un savoir technique qu'un art méthodique. Il existait probablement auparavant dans les milieux privilégiés chinois et d'okinawaiens riches des filières de transmission, mais elles n'étaient sans doute pas systématiques, puisque nous ne trouvons pas de trace d'une école de « té » à Okinawa avant celle de Sôkon Matsumura au début XIXe siècle (1809-1899).
L'art transmis par Matsumura qui est parvenu jusqu'à nous, constitue donc une synthèse de trois éléments : ce savoir technique fragmentaire, la pratique de l'art du sabre japonais de l'école Jigen-ryû et l'art du combat chinois (apprit lors de son séjour de quinze mois à Pékin sous la direction du maître Wèi Bô de l'école du nord). Les écoles traditionnelles de « té » remontent donc à l'enseignement de Matsumura et de ses contemporains. A partir du XIXe siècle ces écoles prendront le nom de la localité où demeurent les adeptes : Shuri-té pour désigner l'école de Matsumura qui se développe autour du palais, Tomari-té pour désigner une autre école qui se développe dans la ville voisine et Naha-té pour désigner l'école des chinois du village de Kumé qui faisait partie de Naha. Le Tomari-té ressemble beaucoup au Shuri-té. Les deux écoles de Shuri-té et Tomari-té représentent un art du combat produit par la culture d'Okinawa.
C'est seulement vers les années 1830 que l'art Naha-té commença à devenir plus accessible aux habitants du voisinage. La fonction historique de Kumé va s'effondrer en 1879 avec l'extension à Okinawa de l'emprise de l'Etat japonais moderne. Ses habitants vont alors rentrer en Chine ou s'intégrer à la population d'Okinawa. Au mode unitaire et fermé de transmission de leur art du combat se substitue progressivement une diffusion plus dispersée. Kanryô Higaonna, né à Naha en 1852, partit pour la Chine étudier en profondeur l'art du combat auquel il avait été initié sous la direction d'un adepte de Kumé. Après un séjour de quinze ans en Chine, il retourne à Okinawa et fonde une école qui, elle aussi, est appelée Naha-té. Historiquement le Naha-té comporte donc le Naha-té des Chinois du village de Kumé et l'école fondée par K. Higaonna qui en est partiellement issue.

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Le Naha-té rénové par K. Higaonna a été repris par son disciple Chôjun Miyagi qui, comme son maître, alla étudier en Chine. Il nomma son école Gôjû-ryû. C'est ainsi que la tradition du Naha-té, héritière fidèle de l'art du combat chinois, est perpétuée par cette école aujourd'hui célèbre. Le rôle de Matsumura dans l'histoire du Karaté est d'autant plus important qu'il a formé plusieurs disciples. Certains d'entre eux sont devenus eux-mêmes maîtres de cet art et ont diffusé l'art et les idées de leur maître, tout en contribuant à les faire évoluer. Voici les noms de ses principaux disciples:

Kiuna et Sakihara furent aussi des disciples de Matsumura, mais nous n'en savons pas plus sur eux. Tous ces disciples ont contribué à la stabilisation des formes du Karaté et à sa diffusion dans l'île d'Okinawa.

La plupart des informations contenues dans ce texte sont tirées du livre « Histoire du Karaté-do » de Kenji Tokitsu

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Le Karaté moderne de Sensei Itosu

A Okinawa, comme dans tout le Japon, l'état met en place l'école primaire en 1880 et crée un lycée et une école normale. En 1901, A. Itosu (disciple de Matsumura) réussit à convaincre l'inspecteur provincial de l'instruction publique de faire adopter pour l'éducation physique dans les écoles primaires une version du Karaté qu'il a élaborée à cette fin. Après la victoire contre la Russie, trois disciples d'Itosu entrés dans l'armée reviennent en vainqueurs et en 1905 le Karaté est accepté comme discipline d'éducation physique au lycée et à l'école normale d'Okinawa, avec l'idée que cette discipline contribuera à hausser la volonté combative.
Les efforts d'Itosu tendent principalement à établir l'identité culturelle d'Okinawa vis-à-vis du Japon nouveau qui est lui-même en train de s'affirmer en tant qu'état moderne. C'est aussi l'évolution globale de la culture d'Okinawa qui explique que l'on rencontre, chez nombre d'adeptes du (Karaté) de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, la volonté de placer leur art au rang des arts martiaux traditionnels japonais. Celle-ci se manifeste, notamment dans les écrits sur le Karaté d'A. Itosu et des maîtres de la génération suivante tels que G. Funakoshi, K. Mabuni, C. Miyagi, par une communauté de style, inspirée des écrits classiques de l'art du sabre.
A. Itosu a marqué un point d'inflexion dans l'histoire du Karaté. En effet, il a formé plusieurs maîtres qui sont devenus, chacun, fondateur d'un style ou d'une école durables et il a apporté de nombreuses réformes au Karaté « classique » pour le rendre accessible à un plus grand nombre. C'est pourquoi, il semble juste de considérer que le Karaté moderne commence avec A. Itosu.
C'est en grande partie par l'intermédiaire d'Ankô Itosu que nous est parvenue la tradition du Shuri-té, l'école de Matsumura. C'est vers l'âge de 30 ans qu'Ankô Itosu devient élève de Matsumura. Il côtoie Ankô Asato qui était alors l'un des meilleurs disciples de Matsumura, mais n'est connu dans l'histoire de Karaté que parce qu'il fut le maître de G. Funakoshi.
Matsumura attachait une grande importance à l'entraînement solitaire. Il instruisait ses élèves principalement à partir des Kata Kûshankû et Naifanchi. Nous connaissons aujourd'hui sous le nom de « Matsumura-no-Passai » l'interprétation personnelle de Matsumura du Kata classique « Passai (Bassaï) ». Un autre Kata porte également son nom, « Matsumura no Sêsan ».
Matsumura enseigna plusieurs Kata à ses élèves; la plupart d'entre eux nous sont parvenus, notamment par l'intermédiaire d'Itosu. Matsumura s'était entraîné au « Tategi-uchi » du Jigen-ryû dans sa jeunesse et avait adapté ce système au Karaté. Itosu a privilégié l'entraînement au Makiwara. Le but de cet exercice est d'augmenter l'efficacité des coups de poing, de coude, de tête, de genoux, de pied etc... L'intensité de l'entraînement d'Itosu était telle qu'à l'âge de quarante ans, son corps était, dit-on, comme « une masse de pierre ». Il remplaçait souvent son Makiwara par un mur de pierre.

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S. Nagamine, maître de Karaté contemporain raconte: « Maître Itosu attacha une semelle de chaussure en cuir sur une pierre d'un mur de clôture. Chaque fois qu'il frappait, la pierre sortait de l'autre côté. En répétant l'exercice plusieurs fois, le mur s'est effondré... Lorsqu'il était jeune, il alla voir un combat de taureaux avec des amis. Sur le chemin, un taureau fonça sur eux. Au lieu d'esquiver, A. Itosu se mit en face du taureau et envoya un coup de poing sur le mufle de la bête en poussant un kiai. Le taureau chancela et à ce moment A. Itosu le saisit par les cornes à la vitesse d'un éclair et le renversa à terre. »
G. Funakoshi, élève d'A. Itosu, rapporte les anecdotes suivantes : « Un jour, au moment où le Maître franchissait la porte d'une brasserie, un gaillard qui s'était caché dans l'angle donna, en poussant un cri d'attaque, un coup de poing contre le flanc du Maître par derrière. Au lieu d'esquiver, celui-ci reçut le coup en concentrant sa force. Le coup de poing rebondit. L'agresseur voulut reprendre une distance pour renouveler son attaque, mais trop tard, son poignet était pris et serré dans la main de Me. Itosu qui ne s'était même pas retourné. L'agresseur, la respiration coupée, transpirait d'angoisse car la prise d'Itosu était très puissante; il était capable d'écraser d'une main une tige de bambou grosse comme le bras. Le Maître continua d'avancer vers l'intérieur de la brasserie comme si de rien n'était. Sa main continuait d'enserrer le poignet de l'agresseur, qu'il traînait derrière lui. Prenant place il commanda à boire à une serveuse surprise de cette scène. La boisson arriva; il prit un verre de sa main gauche et, de sa main droite, tira l'homme en avant. Me Itosu vit pour la première fois son visage et en souriant, lui offrit le verre. - J'ignore la raison de ton attaque, mais buvons d'abord un verre. ».

Sensei Funakoshi raconte une autre anecdote dans son livre " Ma voie, ma vie " : « Une nuit, Me Itosu entendit des bruits bizarres à côté de la porte. Il se leva et s'approchant de la porte, aperçut un voleur en train de fracturer la serrure. Le Maître lança un cri d'attaque, son poing traversa la porte dont les planches étaient épaisses d'un pouce et il attrapa la main du voleur qui était de l'autre côté. Celui-ci fut immobilisé par la main qui serrait comme un étau. Généralement une paroi de bois se casse verticalement ou horizontalement, mais le coup d'un véritable adepte fait un trou de la forme de son poing. »

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L'introduction du Karaté à l'école (1901-1905) est liée aux bouleversements sociaux et culturels que connaît le Japon de cette époque. Plusieurs facteurs ont joué dans la reconnaissance du Karaté par les pouvoirs locaux. L'instauration d'un système de conscription militaire obligatoire s'est accompagnée de la mise en place d'un système d'éducation physique dans toutes les écoles du Japon. Des examens médicaux furent organisés dans les écoles et il s'avéra que beaucoup de pratiquants de Karaté avaient un corps particulièrement bien développé, ce qui attira l'attention des médecins militaires. En outre, Kentsû Yabu (1863-1937) fut un des disciples d'Itosu.
Lorsque l'armée japonaise s'est ouverte aux volontaires, trois personnes seulement furent sélectionnées sur Okinawa, tous trois étaient élèves d'Itosu. Yabu devint un héros populaire d'Okinawa après être rentré de la guerre contre la Chine et fut récompensé de sa bravoure par une décoration. Le sergent Yabu fut un des premiers à faire connaître le Karaté en dehors d'Okinawa. C'est donc en 1901, trois ans avant la guerre russo-japonaise qu'Itosu parvint à faire adopter le Karaté pour l'éducation physique à l'école primaire d'Okinawa. Après une démonstration en 1904 devant des inspecteurs et des professeurs d'éducation physiques de l'école normale, le Karaté fut adopté comme discipline à l'école normale. Itosu avait alors 74 ans. Yabu devint professeur d'éducation physique à l'école normale. Un de ses compagnons C. Hanashiro alla enseigner l'éducation physique au lycée. Itosu leur confia l'enseignement pratique après leur avoir transmis les nouveaux Kata qu'il avait créés.
L'importance de ce changement est considérable, car l'enseignement du Karaté était auparavant une pratique individualisée où un maître dirigeait un ou deux élèves à la fois, tandis qu'avec l'adoption de ce nouveau système il devint aussi une formation de masse ou de groupe. La pédagogie d'Itosu s'inspira des méthodes de formation des soldats que le Japon venait d'importer d'Europe. A l'école un seul enseignant dirigeait de nombreux élèves en criant un ordre pour chaque geste à exécuter, ce qui n'existait pas dans l'enseignement traditionnel du Karaté.
A. Itosu élabora à partir de ses premières expériences avec les écoliers des Kata destinés à l'enseignement scolaire. C'est dans ce but qu'il composa d'abord les trois Kata « Naifanchi » à partir du Naifanchi classique, puis les cinq Kata « Pinan ». Il classa ces Kata selon une graduation indiquée par le suffixe « Dan » : Nalfanchi Shodan, Nidan et Sandan et Pinan Shodan, Nidan, Sandan, Yodan et Godan. L'usage du terme « Dan » qui signifie degré ou grade pour classer les Kata lui avait été suggéré par son Maître Sôkon Matsumura à partir du mode de classification des Kata de sabre du Jigen-ryû dans lequel s'applique le système des « Dan » pour la classification des exercices. Les Kata furent modifiés par Itosu pour les adapter au système éducatif.

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Par exemple : Itosu enseignait au début le premier de Pinan à main ouverte, mais plus tard Hanashiro trouva l'exécution de ce à main ouverte trop difficile et dangereuse pour des écoliers et lycéens et commença à faire fermer les poings. Ce changement fut adopté peu de temps après par Itosu et Yabu. Le premier passage de Naifanchi Shodan est pratiqué aujourd'hui, dans tous les styles, comme parade à main ouverte. Il comportait auparavant une attaque aux yeux avec les doigts pointés, mais Itosu, jugeant ce passage non éducatif, le supprima. La plupart des transmis dans la dernière partie de l'enseignement d'Itosu ont subi des transformations de ce type.
Itosu donna des instructions aux enseignants et adeptes du Karaté dans un texte de 1908.
Citons à ce propos le témoignage de Kenwa Mabuni, élève d'Itosu et fondateur de l'école Shitô-ryû. « J'ai appris d'un des employés de ma maison, Morihiro Matayoshi, le de kibadachi (Naifanchi) comme base de Karaté. Ce était différent de ce que j'ai appris plus tard de Me Itosu. Un jour, j'ai montré ce à mon maître. Il m'a dit alors clairement que ce était la forme originelle et qu'il l'avait apprise d'un Chinois du village de Tomari et que le qu'il nous avait enseigné était le résultat de modifications apportées au cours de sa recherche. Il m'a donc dit de continuer ce nouveau ». Selon les récits oraux ce Chinois s'appelait Channan.
A. Itosu avait ainsi apporté une réforme importante au Karaté classique, en estompant considérablement l'aspect combatif avec l'idée de constituer le Karaté en moyen d'éducation physique et morale. Nous pouvons dire que son entreprise a partiellement réussi, mais il faut reconnaître qu'à cause de cette réforme un nombre important de classiques a été perdu et que d'autres ne sont connus que sous une forme abrégée où les significations stratégiques et de combat sont estompées.

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C'est en ce sens qu'il faut comprendre les critiques de Kahô Sai (1849-?), maître de Karaté à Okinawa. « Le Karaté de maître Sôkon Matsumura est authentique. Mais celui d'Itosu contient énormément d'erreurs. Depuis qu'Okinawa a été intégrée dans une province du Japon, le véritable Karaté semble avoir disparu. Les adeptes du Shuri commencent à pratiquer un Karaté erroné. Il n'y a même plus de quoi discuter de ce qu'est le Karaté ».
S. Gima insiste sur ce point: « Il faut apprécier d'un point de vue différent les oeuvres de Me Itosu. C'est lui qui a créé les cinq Pinan et il a décomposé le Naifanchi en trois parties pour le rendre plus apte à l'éducation physique. Aux yeux de Me Sai, Me Itosu pratiquait des Kata qui ne s'inscrivent pas tout à fait dans la tradition, sa démarche est donc pleine d'erreurs. Mais Me Itosu était un créateur qui a su adapter le Karaté aux changements de l'époque; il n'y a donc pas de problème si l'on conçoit son Karaté comme une école nouvelle celle d'Itosu ou Itosu-ryû. » L'appréciation de l'œuvre d'Itosu est donc variable; pour l'un c'est un rénovateur et pour l'autre il a causé la perte du Karaté classique, celui qui avait été transmis et pratiqué dans la tradition ésotérique et que l'on appelle Mukashi-dei ou Nkashi-dei par opposition au Karaté d'après A. Itosu.
K. Yabu a appris le Karaté directement de S. Matsumura avant de devenir l'élève d'A. Itosu. Il avait donc un point de vue différent de celui d'A. Itosu sur le Karaté. Le Naifanchi qu'il a enseigné à S. Gima n'est donc pas celui, modifié par A. Itosu, que nous connaissons aujourd'hui. K. Yabu et C. Hanashiro avaient quelques réticences à l'égard des réformes apportées par A. Itosu lorsqu'il a remplacé de nombreux passages de techniques de Karaté par des mouvements éducatifs.
Devenu professeur d'éducation physique pour la préparation militaire, K. Yabu a formalisé l'entraînement du Karaté en s'inspirant du modèle de la formation militaire. Une grande partie de l'organisation de l'entraînement de Karaté auquel nous sommes habitués aujourd'hui est l'œuvre de K. Yabu, par exemple les manières de s'aligner, de saluer, de donner l'ordre, de pousser un cri à un moment de l'exercice, de se déplacer à pas réguliers, de se retourner avec un geste formalisé etc... Les adeptes d'autrefois n'étaient formés avec ces méthodes. Celles-ci seront reprises par les autres disciples d'Itosu qui vont répandre le Karaté dans l'île principale du Japon. Cette forme de discipline du Karaté a facilité l'enseignement et la diffusion.
Plusieurs autres disciples d'A. Itosu ont contribué à la stabilisation et au développement du Karaté à Okinawa. Les disciples d'A. Itosu les plus connus sont : Kentsû Yabu (1866-1937), Gichin Funakoshi (1868-1957), Chômo Hanashiro (1869-1945), Chôtoku Kiyan (1870-1945), Chôshin Chibana (18851969), Anbun Tokuda (1886-1945), Chôsho ôshiro (1888-1939), Kenwa Mabuni (1889-1953) et Shinban Gusukuma (1890-1954).
G. Funakoshi et K. Mabuni vont se fixer au centre du Japon pour y consacrer leur vie à la diffusion du Karaté.

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L'école Shotokan de Sensei Funakoshi

Une photographie de Gichin Funakoshi est accrochée au mur principal de beaucoup de Dojo européens du Karaté de différentes écoles. Son image est souvent associée à celle du Karaté et l'on considère parfois que Gichin Funakoshi est le «créateur du Karaté moderne» bien que, historiquement, ce ne soit pas exact, comme nous venons de le voir avec l'œuvre d'Ankô Itosu. Il s'agit d'une confusion entre la modernisation du Karaté qui a eu lieu au début du XXe siècle et sa diffusion. Gichin Funakoshi a en effet été le premier à diffuser le Karaté au centre du Japon et, par la suite, son école du Karaté s'est largement diffusée dans le monde entier.
Gichin Funakoshi (1868-1957) naît à Okinawa en 1868, première année de l'ère Meiji, période où le Japon passe de la féodalité à la modernité. Il appartient à une famille de fonctionnaires très attachée à la tradition malgré une situation économique souvent instable. Il commence à pratiquer le Karaté vers l'âge de 12 ans sous la direction d'Ankô Asato, un des disciples les plus brillants de Sôkon Matsumura. A. Asato a une grande réputation comme un maître de l'art du « té » ou « tôdé ». G. Funakoshi est cependant le seul disciple qu'on lui connaisse. Cela est dans la logique de l'ésotérisme de la transmission du Karaté avant le XXe siècle. G. Funakoshi, camarade de classe du fils aîné d'A. Asato, va souvent jouer chez lui, et est peu à peu attiré par son art. Devenu le disciple passionné d'A. Asato, il continuera toute sa vie d'approfondir le Karaté.
Il devint enseignant et y resta plus de 30 ans. C'est au début de sa carrière dans l'enseignement scolaire que G. Funakoshi fait la connaissance d'Ankô Itosu, ami intime d'A. Asato, également disciple de S. Matsumura. A. Itosu est lui aussi connu comme un grand maître, mais à la différence d'Asato, il s'intéresse aux problèmes d'éducation dans le système scolaire alors en voie d'élaboration. Suivant le conseil d'A. Asato, G. Funakoshi sera désormais le disciple de ces deux maîtres. Tous deux ont le même prénom, à peu près le même âge, ont été formés par le même maître, mais chacun a sa conception du Karaté. Leurs idées diffèrent autant que leurs morphologies. Il part ensuite pour Tokyo présenter et diffuser dans le centre du Japon l'art de son île natale.
Lorsqu'il fonde son école de Karaté, son expérience d'éducateur se manifeste dans son rapport avec ses élèves qui le respecteront d'autant plus qu'en même temps que le Karaté, il enseigne une manière de vivre.

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En 1921, le Prince impérial en voyage vers l'Europe s'arrête à Okinawa. C'est un événement exceptionnel. A cette occasion G. Funakoshi est chargé de diriger une démonstration du Karaté faite par des écoliers. En 1922, un an après cet événement, une Exposition nationale d'éducation physique est organisée à Kyoto et G. Funakoshi y est envoyé pour présenter le Karaté d'Okinawa. Il pense retourner à Okinawa après ces démonstrations. Mais J. Kanô, fondateur du Judo, qui occupe des fonctions importantes au ministère de l'éducation, l'invite à faire une présentation du Karaté dans son Dojo Kôdôkan à Tokyo. En acceptant sa demande, G. Funakoshi avait pensé prolonger son séjour à Hondo de quelques jours seulement. Mais à la suite des encouragements reçus de J. Kanô après cette démonstration, il finit par décider de rester à Tokyo pour y diffuser l'art de son pays.
A l'âge de 53 ans, G. Funakoshi quitte donc ses fonctions d'enseignant et, laissant sa femme et ses enfants à Okinawa, commence à vivre seul à Tokyo, pour faire connaître le Karaté. Il se retrouve sans travail, mais avec la passion de faire connaître l'art de sa région aux Japonais qui considèrent un peu celle-ci comme une île étrangère. A cette époque, la population d'Okinawa aspire à affirmer son identité culturelle et nationale japonaise; Funakoshi ne fait pas exception, et sa passion pour la diffusion de Karaté est une manifestation de cette volonté collective. La démonstration du Kôdôkan a eu lieu le 17 mai 1922.
Shinkin Gima, originaire d'Okinawa et étudiant de l'université, qui participait à cette démonstration raconte : « Pour la démonstration, maître Funakoshi a fait d'abord la présentation du Karaté d'Okinawa et de l'itinéraire de chacun de nous. Puis il a exécuté le Kûshankâ; ensuite j'ai exécuté Naifanchi. Après la démonstration des , nous avons montré un exercice de combat conventionnel... »
Après la démonstration maître Kanô a dit: « Monsieur Funakoshi, je pense que le Karaté est un art martial honorable. Si vous pensez le diffuser à Hondo, je pourrai vous apporter une aide, quelle qu'elle soit. Dites-moi ce que je peux faire pour vous. ». Il est probable que c'est à la suite de ces paroles d'encouragement que maître Funakoshi a décidé de renoncer à retourner à Okinawa. N'ayant aucune ressource, G. Funakoshi travaille comme concierge dans une pension pour étudiants originaires d'Okinawa, appelée Meisei-juku. Pouvant à peine payer le loyer, il lui faut donc gagner de quoi se nourrir; pour cela, il obtient la permission d'utiliser la salle de conférence pour enseigner le Karaté. Au bout de deux ou trois ans, le nombre d'élèves commence à augmenter. Des groupes d'étudiants de plusieurs universités forment des clubs du Karaté.

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C'est vers 1930 qu'il commencera à transcrire Kara avec l'idéogramme qui signifie « vide ». Avec la montée du nationalisme, l'idéogramme « Chine » apparaît comme une gêne pour l'intégration du Karaté dans la tradition du Budo japonais et aussi pour sa diffusion. C'est dans cette ambiance sociale que G. Funakoshi choisit, pour écrire le son Kara de Karaté, de remplacer l'idéogramme signifiant Chine par celui qui a le sens de vide. Il explique ce choix par ces deux petites phrases de l'enseignement Bouddhiste Zen :

qui signifient:

Après avoir choisi les idéogrammes, G. Funakoshi ajoute au terme Karaté le suffixe (voie) et l'art s'appelle dorénavant Karaté-do. Ce terme est adopté en premier par le groupe des karatékas de l'université Keiô qui encouragent G. Funakoshi à l'utiliser publiquement. Nombre d'anciens adeptes d'Okinawa critiquent alors sévèrement G. Funakoshi pour l'adoption de ce terme. Quelques années plus tard presque tous les experts auront adopté cette terminologie. Ces faits témoignent de la différence de filiation entre le Karaté d'Okinawa et le Budo japonais, car la notion de n'était pas implicitement présente dans le Karaté d'Okinawa comme elle l'était dans le Budo. L'effort d'adeptes comme G. Funakoshi a tendu à intégrer la culture du Budo pour hausser la qualité du Karaté.

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En 1935, G. Funakoshi écrit son ouvrage le plus important intitulé Karatédo kyôhan (texte d'enseignement du Karaté-do). C'est sans doute la période la plus heureuse de sa vie. Déjà plusieurs des universités de Tokyo ont adhéré à son enseignement, le nombre d'élèves augmente, il va chaque jour enseigner dans une université différente. Sa situation matérielle s'améliore. Le premier Dojo de Karaté est construit en 1938 par ses élèves qui ont cotisé depuis plusieurs années dans ce but et s'appuient sur les réseaux d'anciens élèves de leurs universités.
G. Funakoshi nomme ce Dojo « Shôtôkan » (La maison dans le bruissement de la pinède). Pourquoi le nom de Shôtôkan ? G. Funakoshi composait depuis sa jeunesse des poèmes qu'il calligraphiait avec un art remarquable. Or, il avait choisi comme pseudonyme de calligraphe Shôtô (bruissement de la pinède). Son pays natal était en effet dominé par le château de Shuri que prolongent des collines puis des monts couverts de forêts de pins.
C'est au printemps 1938 qu'il place l'enseigne « Shôtôkan » (Kan signifie maison ou Dojo) devant son Dojo. Ce nom sera par la suite utilisé pour désigner son école. G. Funakoshi est alors âgé de 70 ans. A partir de cette époque, il établit un système de « Kyû » et de « Dan » pour marquer les grades des élèves et élabore l'enseignement qui est dispensé par ses anciens élèves. Il délègue dans chaque université la responsabilité de l'enseignement à l'ancien élève le plus avancé en Karaté et celle de son Dojo Shôtôkan à son troisième fils, Yoshitaka. Le travail de Funakoshi consiste à venir chaque jour dans les différentes universités pour donner des conseils et enseigner. Déjà plus d'une dizaine d'universités se sont affiliées au Shôtôkan. Son école commence à s'élargir en dehors de Tokyo avec l'installation de ses anciens élèves en province. Funakoshi effectue donc, de temps à l'autre, un voyage d'enseignement plus ou moins long.
Un des fils de G. Funakoshi, Yoshitaka, s'est formé au Karaté afin de se préparer à succéder à son père à la tête du Shôtôkan. Bien que maladif depuis l'enfance, Yoshitaka devient sur le tard, au prix d'efforts ardents, un expert incontestable de son art. Il apporte au Karaté de son père plusieurs modifications que celui-ci n'apprécie pas toujours. Yoshitaka introduit plus d'ampleur et de dynamisme dans l'exécution des techniques. Le style actuel du Shôtôkan provient plus de Yoshitaka que de son père.

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Yoshitaka Funakoshi prend l'initiative d'introduire l'exercice du combat libre dans son enseignement, ce qui est mal accepté par son père. De fait l'écart se creuse de plus en plus entre les manières de pratiquer et d'enseigner le Karaté du père et du fils, aussi bien au point de vue technique que moral. Yoshitaka et quelques adeptes du Shôtôkan, lors d'un voyage à Osaka, font un entraînement commun avec des adeptes du Gôjû-ryû. Ils organisent une rencontre de combat libre ce qui était naturel à cette époque où la tension militariste était forte.
Les rencontres entre les différentes écoles tournaient très facilement à l'affrontement réel; de plus il n'y avait alors aucune règle pour les combats de Karaté. Bref au cours de ce combat la défaite de Yoshitaka et ses amis est indéniable. D'après plusieurs témoignages c'est au retour de ce voyage que Yoshitaka prend l'initiative d'introduire l'exercice de combat libre dans l'entraînement du Shôtôkan, et élabore des techniques et des stratégies pour le combat libre. Son attitude de recherche de l'efficacité en Karaté creuse un fossé entre lui et son père.
Après la guerre en 1947, Yoshitaka meurt. Les anciens élèves reforment l'école Shôtôkan. En 1949, se constitue la Japan Karaté Association (J.K.A.) ayant à sa tête Gichin Funakoshi, âgé de 81 ans. Il semble un moment que l'unité de l'école Shôtôkan soit établie. Mais dès le début des années 50, les divergences d'opinion sur les manières de pratiquer et d'enseigner le Karaté, et aussi sur l'organisation de l'école suscitent des conflits. Le nombre des pratiquants continue toutefois d'augmenter d'année en année. Les contradictions au sein de l'école Shôtôkan éclatent quand Gichin Funakoshi meurt en 1957 à l'âge de 89 ans.

G. Funakoshi enseigna dans son école les quinze classiques d'Okinawa, mais il choisit pour chaque une image représentative avec des idéogrammes qui correspondaient au système de prononciation japonaise; ainsi la plupart des de Shôtôkan ont une appellation différente de celle qui est utilisée dans les autres écoles où se pratiquent des de même origine. L'appellation classique d'Okinawa n'évoquait rien d'autre qu'un son, mais avec Funakoshi chaque nom de correspond à une image symbolique véhiculée par l'idéogramme et le son.

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Les changements ont été les suivants:

L'appellation des autres n'a pas été modifiée mais il donna aux idéogrammes un sens différent :

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Ces quinze ont été enseignés par Funakoshi. Et plus tard onze autres ont été rajoutés : Kankû-shô, Bassaï-shô, Sôchin, Nijûshiho, Gojûshihodaï, Gojûshiho-shô, Meikyô, Unsû, Chintei, Jiin, Wankan.
Le registre des Kata du Shôtôkan compte généralement ces vingt-six .
Les trois courants pratiquent les mêmes et, sur ce plan, le Shôtôkan est unifié. Parmi ces , il faut distinguer deux groupes: ceux qui ont été enseignés par G. Funakoshi, et ceux qui ont été étudiés dans le Dojo « Shôtôkan » en dehors de son enseignement.
Certains enseignants de Shôtôkan pensent que les quinze de départ suffisent largement et refusent d'inclure les autres dans leur pratique et dans leur enseignement.

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La Japan Karate Association (JKA)

1922
Officiellement invité par le ministère Japonais de l'Education, Sensei Funakoshi quitte la préfecture d'Okinawa pour présenter son art au cours d'une série de démonstrations organisées dans tout le pays.
Il s'installe à Tokyo la même année.
1930
Gichin Funakoshi publie son livre Karaté-Do Kyohan, premier livre principalement destiné à l'enseignement qui expose les formes techniques du Shotokan.
1949
Fondation de la Japan Karaté Association : Les anciens élèves de Gichin Funakoshi rescapés de la guerre se regroupèrent pour créer la Nippon Karaté Kyokai plus connue sous le nom de Japan Karaté Association. Cette association regroupe plusieurs clubs et Dojo d'université. Il y a avait trois courants importants. Lors de l'éclatement, l'un prit le pas sur les deux autres qui se retirèrent. Chacun des trois, tout en développant ses particularités, se proclama l'authentique héritier de la transmission de G. Funakoshi. C'est pourquoi l'école Shôtôkan n'est pas aujourd'hui représentée par un seul groupe.
Elle comporte différents courants dont les trois principaux sont:
  • La Japan Karate Association (J.K.A.)
  • Le groupe Shôtôkaï (Association Shôtô)
  • Le groupe Universitaire.
Les deux premiers sont souvent considérés comme deux écoles différentes, mais à l'origine, ils furent organisés par les même personnes, puisque c'est l'Association Shôtô (Shôtôkaï) qui a formé la J.K.A.
Sensei avait 80 ans et était alors directeur technique honoraire. La direction était donc entre les mains des anciens qui n'avaient bientôt plus le temps de s'occuper de l'association. Ils embauchèrent deux jeunes diplômés de l'université de Takushoku, Sensei Nishiyama et Sensei Nakayama.
L'association va instaurer un système de compétition ce que refusait le vieux maître Gichin Funakoshi et ce que n'acceptaient pas non plus les anciens. Pour que le Karaté puisse se répandre dans le monde, la J.K.A. forma des champions et des enseignants. Un cours spécial instructeurs fut créé au Honbu Dojo.
Les Sensei Kanazawa, Enoeda, Kase, Shirai et Myazaki formés dans cet entraînement très intensif furent chargés à la sortie en 1965 de faire connaitre le Shotokan en Europe. Huit ans plus tard d'autres grands noms sont sortis de cette formation, Ochi, Lida, Takahashi, Abe, Tanaka, Yahara et Yano. D'autres sont aussi devenus célèbres; Asai, Okazaki, Mikami, Koyama ou Mori.
Gichin Funakoshi fut le premier chef instructeur de la J.K.A.. A la mort de Yoshitaka puis de Gichin Funakoshi, le groupe J.K.A. n'admettait pas la valeur des Taikyoku créés par G. Funakoshi et ne les pratiquait pas.
1953
Le Karaté-do est présenté aux militaires du Strategic Air Command. Ceci permit la divulgation du Karaté hors du Japon.
1956
La J.K.A. standardise les techniques du Shotokan et forme des instructeurs officiels puis des juges.
1957
La J.K.A. est reconnue officiellement par le Ministère Japonais de l'Education. Sensei Gichin Funakoshi est décédé à l'âge de 87 ans. Le premier tournoi de Karaté du Japon est organisé au Gymnase Métropolitain de Tokyo en présence du public.
1960
Maître Masatoshi Nakayama est nommé second chef instructeur de la J.K.A. et successeur de Sensei Funakoshi.
Pendant les 10 ans qui suivront, le maître Nakayama sera responsable du détachement des instructeurs pour des missions en Europe, en Amérique puis dans le monde entier. Nombre d'entre eux sont restés dans leur pays d'adoption.
1961
Le prince Akihito est invité d'honneur des cinquièmes championnats du monde du Japon.
1965
Sensei Nakayama publie son livre « Dynamic Karate ».
1973
Le premier tournoi officiel international de la J.K.A. est organisé.
1976
La J.K.A. envoie une équipe aux USA pour le tournoi de la bonne volonté à Philadelphie qui célébrait le bicentenaire de l'indépendance.
1977
Sensei Nakayama publie le premier des 12 volumes de la série « Best Karate ».
1985
La première Coupe Shoto mondiale de Karaté est organisée à Tokyo.
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