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Termes génériques
Assauts conventionnels Assauts libres Assauts règlementés
Bunkai-kumite Gohon-kumite Goshin-kumite Kihon-ippon-kumite Ippon-kumite Ippon-shobu
Jiyu-ippon-kumite Jiyu-kumite Nihon-shobu Ren-kumite Sanbon-kumite Sambon-shobu
Shiai Terminologie

Les Kumite

« Kumite » : de « Kumi », rencontre et de « Te », mains. Un Kumite est donc la rencontre des mains. C’est une forme plus sympatique que le terme « combat ».

Le Kumite ou combat est la mise en application avec partenaire(s) des techniques étudiées seul à travers le Kihon ou le Kata. C'est l'ultime phase de l'apprentissage du Karate-do, le moment de vérité. Plusieurs étapes seront nécessaires pour polir la technique jusqu'à la rendre spontanée et adaptée aux situations. L'unité Corps/Esprit, si chère aux arts martiaux, est au bout de l'apprentissage (de toute une vie).

Les Termes génériques

Bunkai

Interprétation martiale d'une technique.

Kihon

C'est le travail de base, en solo, à l'apprentissage des techniques.

Kumite

Désigne le combat ou l'assaut.

Shobu

Désigne, dans le milieu des arts martiaux japonais, un combat de compétition sportive avec des règles bien définies. Shiai est son autre dénomination.

Yakusoku-kumite

Combat conventionnel ou les attaques, les défenses et les contres sont prédéfinis.

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Les Assauts conventionnels

Gohon-kumite Ren-kumite Sanbon-kumite Kihon-ippon-kumite Jiyu-ippon-kumite Ippon-kumite Bunkai-kumite

Les assauts conventionnels, donc prédéfinis, permettent aux Karateka de mettre en pratique les techniques apprises pendant le Kihon et est une suite logique à l'apprentissage des Kata (petit rappel : un Kata est un combat réel contre des adversaires imaginaires). C'est une approche règlementée du combat à deux dans un premier temps puis avec plusieurs adversaires/partenaires. Sans eux, à quoi bon s'entraîner à un sport Art de combat, autant faire de la danse ou du Body-karate. Ils vont élever l'élève au rang de combattant, lui faire prendre conscience de l'importance que l'autre peut avoir sur ses propres facultés physiques et psychiques. Chaque assaut est une remise en question de tous nos acquis et nous renvoie vers le Kihon et le Kata pour un travail plus fort, plus précis, plus engageant.

Le Karate-do est basé sur le Sun-dome, c'est-à-dire le contrôle absolu de la technique à quelques centimètres de la cible (vivante). Avec ce principe l'engagement doit être total, dans l'attaque comme dans la défense, et respecter l'intégrité de nos partenaires. C'est ce qui nous permet de progresser ensemble. A une attaque forte et précise ne peut correspondre qu'une défense franche, puissante et une contre-attaque à l'identique.

Bon nombres de principes importants vont être développés à travers les différentes formes de combats.

La gestion de la distance : à partir d'attaques directes de poing ou de pied dans un premier temps puis à partir de techniques plus élaborées. A travers la perception de la distance juste, l'élève va progressivement s'approprier son corps. Il va découvrir le rayon d'action de ses extrémités, apprécier sa flexibilité et vaincre sa rigidité. Il saura, instinctivement, se positionner pour esquiver, frapper, luxer, s'écarter... et, étrangement, appréciera en un instant les potentialités de ou des autres.

La confrontation : petit à petit, l'élève va s'adapter aux partenaires de tailles, vitesses et de forces différentes. Il apprendra à réagir face aux attaques diverses de pieds ou de poings et à se positionner dans l'espace lors du travail de groupe. Son mental va prendre de la puissance et renforcer sa technique pour une victoire sans compromis face à l'adversité (au Dojo et ailleurs).

La respiration : une technique juste nécessite une respiration appropriée. Essoufflé, ou peu endurant, au début, il finira par adapter les principes respiratoires appris pendant les cours spécifiques. Il saura ménager son souffle en appuyant sa technique.

La précision : passer la garde adverse et atteindre un point précis demande des années de pratiques. Comme nous ne sommes pas trop pressés, nous procédons par étapes et commençons à viser des zones larges telles que le buste ou la tête pour resserrer ensuite nos rayons d'impacts. La vision très étroite de nos balbutiements dans le Karate-do nous aveugle et nous empêche de « voir » les défauts de la carapace de notre partenaire. Mais cela ne dure qu'un temps, une vision plus large va se mettre en place et la cécité va perdre progressivement du terrain.

Le timing : l'élève, petit à petit, va appréhender le moment opportun pour agir, ni trop tôt, ni trop tard. La riposte doit arriver sans temps mort sinon, la sanction est immédiate. Plus le niveau du pratiquant sera élevé et plus le Go-no-sen tendra à disparaître au profit du Sen-no-sen.

Le stress : savoir garder son calme en toute circonstance est chose difficile. Quand le stress nous serre l'estomac plus rien ne peut être géré rationnellement. Les assauts conventionnels, travaillés avec sérieux et sincérité, amènent le pratiquant, non pas à supprimer le stress, mais à le contenir, à l'utiliser pour renforcer sa propre perception, sa propre détermination.

Le contrôle absolu : il demande une forte concentration et un travail de chaque instant. Agir vite sans risquer de blesser nos partenaires en toutes circonstances est une règle d'or que chaque pratiquant de Karate-do se doit de suivre. Nous apprenons en cours des techniques de frappe dont l'issue peut être létale ou, dans un moindre mal, nuire à l'intégrité des personnes. Le niveau de chacun augmentant, la vitesse, la puissance et la détermination croissent de concert. Serait-il concevable d'utiliser « une telle puissance » (effective ou en devenir) dans un lieu dédié à l'étude de la Voie (Dojo).
C'est grâce à nos différents partenaires que nous pouvons continuer à gravir l'échelle de la perfection dans notre chère discipline. Respectons-les et offrons leur à notre tour, toute la confiance dont ils ont besoin pour se hisser vers les sommets.

Le respect : le premier des vingt préceptes de Gichin Funakoshi nous dicte cette noblesse d'esprit envers les autres : « Le Karate commence et finit par le respect ». Le salut effectué avant et après l'assaut n'est pas un geste sans signification. C'est grâce au(x) partenaire(s) que nous progressons aussi, c'est un moyen de les remercier de nous accorder ce moment de partage. L'assaut conventionnel, l'assaut libre ou même le Shiai ne doit pas nous faire oublier ce principe même si quelques personnes, peu scrupuleuses, le « néglige » pour se faire valoir (à leurs yeux uniquement).

Remarque : Depuis quelques années, les conventions de positionnement ont changées. Aujourd'hui, pour se mettre en position d'attaque après le salut rituel, Tori doit reculer la jambe. Je ne trouve pas cette forme très logique pour deux raisons essentielles. Le recul est (éventuellement) propre au défenseur pas à l'attaquant. Par définition ce dernier « agresse » l'autre et ne peut le faire en se dérobant. D'autre part dans cette forme, la notion de distance n'a pas à être évaluée puisque la position du salut ne les séparant, approximativement, que d'un pas, en reculant une jambe pour se préparer à l'attaque, Tori sera forcément à bonne distance de frappe sans attention particulière. La gestion de la distance est une des principales facultés que doit posséder un Budoka et dès leurs premiers pas dans l'enceinte d'un Dojo, les pratiquants devraient y être confrontés. Toutes les occasions permettant d'appréhender ce principe sont bonnes et le travail à deux en fait partie.

J'ai donc conservé l'ancien principe ou Tori et Uke, lors du salut se font face à environ 3 pas l'un de l'autre. Cette distance approximative est évaluée par l'attaquant désigné, en fonction de la position et de l'attaque prédéfinis. Après le rituel, Tori avance et se prépare à effectuer sa technique.

Un peu plus haut, j'ai mentionné que l'attaquant, par définition, « agresse » l'autre et je vais y ajouter un bémol. Le Karate-do, n'a pas la vocation de former des personnes agressives mais des individus responsables, qui possèdent quelques atouts pour leur propre défense ou celle d'autrui et gardent toujours à l'esprit que tout conflit possède ses zones sombres et qu'il est préférable de ne pas en venir aux mains. Mais si c'est inévitable, toute riposte doit être « offensive » surtout, comme c'est souvent le cas aujourd'hui, quand l'agression est une affaire de groupe.

Je constate souvent, lors de stages ou autres, que le défenseur (quel que soit son âge ou son niveau) a des tendances à reculer lorsque son partenaire s'est positionné pour l'attaque. Cela ne me semble pas très « martial » dans ce type d'assaut. C'est à croire que la gestion du stress est devenue obsolète en dehors du milieu de la compétition. Depuis quelques années, je demande à mes élèves de travailler relativement près. Même si le contrôle est absolu dans ces assauts conventionnels, et ils le savent bien, la pression occasionnée par cette courte distance permet un travail de meilleure qualité. Une plus grande concentration remplace la désinvolture et les réactions n'en sont que plus « rapides ». Cette bonne distance de travail, quand Tori est en position d'attaque, est sa longueur de bras. Il doit pouvoir toucher son partenaire du bout des doigts. Les attaques quant à elles sont dirigées vers leur point d'impact présumé, sans complaisance mais contrôlées.

Gohon-kumite (assaut sur cinq pas)

C'est la première forme de combat à deux que les pratiquants abordent. Elle amène le néophyte à prendre conscience de la distance, à coordonner son déplacement avec celui de l'autre et d'aborder le concept de contrôle. Le rôle de chacun et les techniques sont déterminés à l'avance. Le défenseur, Uke, recule et bloque les attaques de Tori jusqu'à la dernière offensive ou enfin il riposte et met fin à l'exercice. Les cinq déplacements s'effectuent de façon linéaire.

Les techniques employées sont celles de base : Oï-zuki de niveaux différents ou Mae-geri pour les attaques et Jodan-age-uke, Soto-uke, Uchi-uke ou Gedan-barai pour les blocages. La position est souvent Zen-kutsu-dachi et la contre-attaque, Gyaku-zuki.

Au fur et à mesure de l'avancement des pratiquants, l'exercice va se compliquer en diversifiant les attaques, donc les blocages, à chaque pas. Le tempo également va évoluer et la riposte finale prendra des formes plus décisives.

Le rituel de début et de fin de travail à plusieurs (ici à deux) est aussi important que le travail lui-même. Le défenseur et l'attaquant se font face, en Hachiji-dachi, à une distance raisonnable (approximativement trois pas). Ils se salut puis Tori avance d'un pas en effectuant un Gedan-barai, prend une garde et se prépare à l'attaque. L'exercice peut commencer. Uke, encore en Hachiji-dachi, attendra le premier assaut pour prendre la position qu'il gardera durant l'exercice. Ce n'est qu'après la cinquième attaque et la riposte d'Uke que les deux partenaires reprendront la position initiale pour le salut final. Les rôles sont inversés et la deuxième phase peut débuter.

Ren-kumite

Combat codifié aux techniques définies par avance. Tori (attaquant) après ses attaques devient Uke (défenseur) et ainsi de suite jusqu'à épuisement.

Sanbon-kumite (assaut sur trois pas)

C'est la deuxième forme de confrontation. Le niveau technique des élèves ayant quelque peu progressé, le choix des techniques et des positions augmentera la difficulté. Le principe reste le même que le Gohon-kumite mais les assauts, ici, sont au nombre de trois. La base du Sanbon-kumite est trois pas, trois niveaux d'attaque. Nous retrouverons Jodan et Chudan-Oï-zuki ainsi que Mae-geri avec les défenses de base appropriées et toujours une contre-attaque après le dernier assaut. D'exécution plus rapide, les partenaires vont développer la notion d'engagement, d'équilibre, de précision et de rythme respiratoire. Initialement donnée par l'enseignant, la cadence finira par être donnée par Tori.

Passé le cap de la découverte, le Sanbon-kumite peut prendre une forme moins rigide et coller un peu plus au combat, avec des déplacements non linéaires et des défenses plus spontanées.

Kihon-ippon-kumite (assaut sur un pas)

Avec cette troisième forme de Yakusoku-kumite, les pratiquants approchent les fondations même du Karate-do (une frappe, un adversaire). L'attaquant ici n'effectue qu'une seule attaque en avançant d'un pas. Elle devra être directe, sans feinte ni appel et donnée à pleine puissance. Le défenseur, quant à lui, ripostera immédiatement par un blocage (ou pas) et une contre-attaque. La détermination doit être à son maximum et les techniques des deux partenaires toujours parfaitement contrôlées.
De nombreuses difficultés seront à résoudre. Dans les précédents assauts, nous avions trois ou cinq déplacements pour parfaire la stabilité, ajuster la distance et lisser la technique. Ici, l'ensemble des paramètres doivent être traités en un instant. L'élimination des temps d'appels, l'impassibilité du regard et l'explosivité de l'attaque seront pour Tori autant d'éléments à parfaire. Uke peaufinera l'esquive au moment ultime de l'impact, le positionnement juste et stable pour un contre non contestable, l'état de Zanshin. La liberté des blocages et des contre-attaques du défenseur étant libres, il va pouvoir les faire varier à l'infini.

Cet assaut conventionnel fait partie des épreuves de passage du 1er Dan. Les cinq attaques suivantes devront être exécutées des deux côtés : Jodan Oï-zuki, Chudan Oï-zuki, Mae-geri, Mawashi-geri et Yoko-geri. Il est évident, qu'en dehors de cet examen, les techniques employées seront plus variées.

Déroulement :
Les rôles de chacun sont déterminés à l'avance. Les partenaires se font face en Hachiji-dachi, à une distance approximative de trois pas et se salut. Tori annonce la technique et le niveau puis avance la jambe gauche en effectuant un Migi Gedan-barai en Zen-kutsu-dachi ou Fudo-dachi et se prépare à lancer son attaque. Uke ne bouge pas.

Tori choisit le moment propice pour lancer sa technique de façon déterminée (et contrôlée) avec un Kiai puissant. Il conserve la position finale un instant afin que Uke puisse contre-attaquer. L'esquive, le blocage et le contre (également avec Kiai) doivent être réalisés en un temps raisonnable (nous sommes en présence de deux postulants à la ceinture noire, c'est-à-dire accédant au premier niveau). Le déroulement restant basic, les actions « restent » très visuelles et les contres doivent restés figés un moment sur le point d'impact. Raisonnable ne veut pas dire que Uke a le temps d'aller boire un café entre son bocage et le contre, cela signifie simplement qu'il pratique le Go-no-sen : une défense et la riposte intervient aussitôt. Ensuite les Karateka reprennent leur place, sans précipitation mais toujours en état d'alerte comme si l'autre pouvait « revenir à la charge ». Tori inverse sa position et effectue la même attaque de l'autre côté. Il en est ainsi jusqu'à la dernière technique, ensuite les rôles sont inversés.

Lors de cet examen, il est demandé à Uke d'avoir cinq variations de blocages et contre-attaques sur les dix assauts que possède l'exercice. L'apprentissage « par cœur » n'est pas LA solution. Un tel travail vous positionnerait dans une situation de faiblesse si quelque chose venait à en perturber le déroulement (une attaque annoncée et une autre effectuée par exemple) et vous enfermerait, à long terme, dans un processus difficile à combattre.
Pendant cet exercice ou les attaques sont connues, au Dojo, efforcer-vous de varier un maximum de paramètres : les déplacements (arrière, droite, gauche ou en avant), les blocages (mains, avant-bras, jambes, extérieur-intérieur et inversement), les contres (poings, armes naturelles de la main, coudes, pieds, genoux,...) avec ou sans blocage, les esquives en déséquilibrant Tori ou le balayant, etc... Rien que les éléments énoncés vous permettent plus d'une centaine d'interventions sur une simple attaque. Autant dire que vous ne pourrez pas les mémoriser toutes, mais les travailler certainement. Ces exercices favoriseront le développement créatif et la spontanéité de la réaction. Le Sen-no-sen est peut être au bout du tunnel.

Ippon-kumite (assaut sur un pas, en garde)

Cette forme possède sensiblement les mêmes caractéristiques que le Kihon-ippon-kumite. Les deux partenaires étant en garde, la difficulté du défenseur réside essentiellement dans le choix du déplacement pour contrer les attaques. Dans le cas précédent, reculer devant la frappe était une action presque naturelle. Avec la garde, une jambe avancée, le recul devient un peu plus problématique, d'où la recherche d'esquives ou d'angles de riposte multidirectionnels. Nous abordons ici la phase dynamique du combat que nous apporte le Jiyu-ippon-kumite.

Cet assaut conventionnel fait partie des épreuves de passage du 2ème et 3ème Dan avec des approches différentes. La position de base est Fudo-dachi et les six techniques sont : Jodan Oï-zuki, Chudan Oï-zuki, Mae-geri, Mae-ashi-mawashi-geri, Mawashi-geri et Yoko-geri.

Hors du passage de grade, cet exercice est une bonne manière d'aborder la gestion des attaques « surprises », de renforcer l'esprit de décision.

Jiyu-ippon-kumite (assaut sur un pas, en garde et en déplacement)

Avec le Jiyu-ippon-kumite, nous approchons les bases du combat libre. Nous sommes encore dans un assaut conventionnel donc Tori et Uke sont désignés. Les attaques ainsi que le niveau peuvent, ou pas, être annoncés en fonction du degré d'avancement des Karateka. Les deux partenaires sont en garde (de leur choix) et se déplacent en attente du moment opportun pour agir. Tori va chercher, à travers ses déplacements, l'ouverture nécessaire à son attaque qu'il donnera avec détermination sur un seul pas. Uke, quant à lui, recherchera la meilleure riposte avec un contrôle absolu de sa contre-attaque unique. Plusieurs éventualités s'ouvrent à Uke. D'une part, s'il estime que Tori est dans son rayon d'action (trop près), il attaquera sans attendre et d'autre part, il pratiquera indifféremment le Go-no-sen, le Tai-no-sen voire le Sen-no-sen si son niveau mental le lui permet.

La variation des attaques de ce type de combat exige des pratiquants une très forte concentration, une maîtrise de la distance, du timing, du déplacement juste, sans appel, et de la technique. Une autre aptitude importante que développe progressivement le Jiyu-ippon-kumite est la vacuité de l'esprit. Ne s'attendre à rien, ne rien projeter, être impassible et pourtant si présent. « Mizu No Kokoro » (l'esprit comme l'eau) se rapporte à l'attitude mentale face à un adversaire. L'eau calme reflète parfaitement l'image de toutes choses, et si l'esprit est maintenu paisible, la compréhension des mouvements adverses, psychologiques et physiques, sera immédiate et précise, et les réponses défensives et offensives seront appropriées et proportionnées.

De nombreux paramètres, pourront faire varier l'intensité de ce type de combat. Depuis l'acceptation des feintes jusqu'au « sans règle » en passant par l'enchaînement de plusieurs techniques effectuées par Tori (le nombre étant déterminé à l'avance).

Pour les passages de grade, quelques conventions sont mises en place que les « partenaires » suivrons à tour de rôle.

Pour le 1er Dan, les niveaux et les techniques sont annoncés. Trois techniques parmi les six suivantes seront déterminées par le jury : Oï-zuki, Mae-geri, Mawashi-geri, Yoko-geri, Gyaku Zuki et Maete Zuki.

Pour le 2ème Dan, 5 assauts libres, effectués à droite ou à gauche, seront demandés et seul le niveau sera annoncé (Jodan ou Chudan).

Pour les 3ème au 5ème Dan, 5 ou 6 assauts libres sans aucune annonce seront demandés.

Bunkai-kumite

Le Bunkai-kumite appelé aussi Kata-kumite fait la liaison entre l'ensemble des mouvements codifiés d'un Kata et son adaptation en combat réel. Chaque séquence extraite du Kata est étudiée, analysée puis exécutée à deux ou plus. L'exécutant déterminera le rôle de chacun et tentera de « coller » au plus près à la séquence choisie.

L'interprétation d'un Kata est toujours une phase difficile pour le débutant et même parfois au-delà de la ceinture noire. Le « carcan » de la technique doit tomber pour donner à cette dernière le droit d'exister sous de multiples facettes.
La répétition, en Kihon, Kata ou autres, d'un Gedan-barai pendant de nombreuses années ne doit pas fermer notre esprit au point de ne voir qu'un blocage bas. Il peut aussi bien servir à déstabiliser l'adversaire qu'à le frapper, luxer un bras, le projeter etc... Un Gedan-barai, comme toutes les autres techniques, possède sa phase préparatoire. Pourquoi la laisser au placard, utilisez-la. Ceci est valable pour tout ce que vous apprenez au Dojo.

Un vieux proverbe Okinawaïen nous le rappelle bien : « Le Kata est fixé, la technique est fixée, mais si vous ne connaissez pas la manière de changer la technique, rien n'est utilisable ... ».

Un Kata possède plusieurs degrés de compréhension que l'étudiant va découvrir avec le temps et la patience. Le niveau d'un pratiquant s'évalue très souvent à la qualité de ses interprétations « martiales » d'un Kata. Soyez donc créatif, ne restez pas sur les traces du « Bunkai officiel ». Ne supprimez jamais une interprétation « Olé Olé », elle débouchera certainement sur un Bunkai de génie. L'étude des Kata, du plus simple au plus compliqué, est une réelle incitation à l'ouverture d'esprit et, dernier conseil, ne pensez jamais que les Kata les plus intéressants sont ceux que vous ne connaissez pas. Les Maîtres d'antan n'en connaissaient, pour la plupart, qu'un seul qu'ils travaillaient inlassablement jusqu'à leur mort.

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Les Assauts libres

Jiyu-kumite Goshin-kumite

Nous en avons terminé avec la distribution des rôles et des techniques. Maintenant les seules conventions qui persistent sont le respect des autres, de leur intégrité physique et de la coopération. Tous ce que les pratiquants ont pu assimiler pendant les assauts conventionnels vont être démontrés avec partenaire(s). Un recadrage va s'effectuer automatiquement ou avec l'aide de l'instructeur. Ce qui fonctionnait bien de façon quasi statique va être mené à dure épreuve. Les partenaires vont prendre conscience que chaque technique est unique et que son interception l'est également. Qu'une frappe peut en cacher une autre et une autre et une autre... que contrer ne peut plus arriver après un blocage mais que tout doit s'exécuter simultanément... qu'une frappe ne doit pas « geler » l'esprit jusqu'à son but mais pouvoir être transformé en blocage et inversement. Que chaque membre doit vivre sa propre histoire sans s'occuper des trois autres.

Les protagonistes n'ont qu'un objectif, « frapper » sans être touché et toutes les stratégies du combat vont se dessiner petit à petit : feintes, fausses gardes, présentation de « point faible » ou l'autre s'engagera peut être, changement de rythme, intimidation... Les gardes vont également évoluées, jamais identiques, déroutantes. Les déplacements, tantôt « sautillants », tantôt imperceptibles, vont contrer les intentions de l'autre. Les positions vont s'adapter à la taille du partenaire/adversaire, varier en profondeur et en hauteur. Même si le contrôle absolu est demandé, l'intensité des techniques de blocage va s'opposer à celle des attaques et chacun prendra conscience de sa propre résistance et tentera, pour les plus passionnés, d'y remédier. Pour les plus « fragiles », je conseille fortement l'utilisation de protections de type protège-tibia et avant-bras. L'endurcissement se fera progressivement et vous pourrez les enlever un peu plus tard. Cela est préférable à des hématomes qui vous dispenseront d'entrainement pendant quelques jours ou quelques semaines. Pas de gants, la gestion de la distance en serait très affectée.

Jiyu-kumite

C'est le combat libre, non règlementé, dit « combat souple » ou Randori où chacun doit démontrer son aptitude au combat.

Après le salut d'usage, les deux partenaires se font face et commencent les échanges techniques. La fluidité des déplacements et la saisie des opportunités sont essentielles. Il est demandé aux combattants de faire preuve d'imagination, de varier les techniques, d'être stable et d'avoir l'esprit Zanshin. Le corps à corps n'est pas vraiment autorisé et s'il intervient, doit être de courte durée.

Le Jiyu-kumite (Ju-kumite) fait partie des épreuves de passage du 1er au 3ème Dan. Pour le Shodan, le temps règlementaire du combat est de 2 minutes et est à l'appréciation du jury pour le 2ème et 3ème Dan.

Hors passage de grade, le Jiyu-kumite est l'occasion d'étudier le combat sous des formes non encore abordées.
C'est pendant cette approche du combat que les gardes vont prendre tous leurs sens, les faiblesses à peine corrigées des assauts précédents vont éclater au grand jour. Les gardes tombantes et le corps qui bascule vers l'arrière lors des coups de pieds seront immédiatement sanctionnés d'un contre adverse.
D'autres capacités vont émergées comme la prise en compte de son environnement pour un déplacement adéquat lors des engagements contre plusieurs adversaires. Le combat rapproché va développer un autre système de défense et d'attaque et permettre de bien cadrer ce qui doit être protégé. Les blocages, souvent exagérés et dépassant parfois largement du corps, vont se contenir à l'essentiel. Les membres inférieurs vont commencer à participer activement à la défense. La vision périphérique va s'affiner et l'esprit se « fluidifier »...

Goshin-kumite

Cette forme de travail complète avantageusement la panoplie, déjà importante, de notre Karate-do. Il est vrai que le Goshin-jutsu est une discipline à part entière mais ce n'est pas une raison suffisante pour ne pas l'aborder en cours. Un Karateka ne se laisse pas saisir, me direz-vous, mais l'extérieur est vaste et l'immobilisation ou la saisie sont des potentialités bien réelles.

La forme de travail est sensiblement identique aux autres types de Kumité si ce n'est que vous serez amenés à lutter, en plus des techniques habituelles, contre des saisies, arm-locks, étranglements, couteaux et autres... et rien ne vous empêche d'utiliser vos armes favorites.

La page traitant de la self-défense vous en dira beaucoup plus.

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Les Assauts règlementés

Ippon-shobu Nihon-shobu Sambon-shobu Shiai

Quel que soit la taille des clubs, les combattants finissent par connaître les capacités, faiblesses et points forts, de tous et il est certain que notre Jiyu-kumite est fortement conditionné par « ces aprioris ». Les rencontres « extra-muraux » permettent donc de recadrer notre pratique si nous n'en faisons pas une « vocation ».
Nous retrouverons dans ces types d'assauts à peu près tout ce qui a été appris et développés lors du Jiyu-kumite. La différence réside essentiellement dans la finalité. Avec cette forme, nous visons la reconnaissance de nos capacités à travers les récompenses obtenues lors des compétitions.

Ippon-shobu

Egalement nommé Ippon-shiai. C'est un combat sportif (compétition) ou la victoire est accordée dès le premier IPPON (1 point) ou deux WAZA-ARI (½ point). La durée du combat est de deux minutes.

Nihon-shobu

Ou Nihon-shobu-kumite. Combat sportif (compétition) en deux points réservé aux enfants de 6 à 14 ans. Les participants essayent de marquer 2 IPPON (1 point) ou 4 WAZA-ARI (½ point) sur leur adversaire durant le temps imparti de 2 minutes.

Sambon-shobu

Appelé aussi Sanbon-shiai, c'est un combat sportif (compétition) ou les participants tentent de remporter la victoire sur une totalisation de 3 points. Soit par 3 IPPON (1 point), soit par 6 WAZA-ARI (1/2 point) ou sur un score combiné, durant le temps imparti de 3 minutes pour les hommes et 2 pour les femmes.

Shiai

Ce terme désigne un combat arbitré sous forme de compétition. L'enjeu est l'obtention de médailles ou de titres et pour certains, très peu, une simple évaluation de ses compétences face à « l'inconnu ».

Afin de réduire au maximum les dommages, ce type de rencontre est fortement règlementé. A vrai dire, tout y est règlementé : l'arbitrage et le matériel utilisé, les lieux, la tenue complète des arbitres, compétiteurs et de leur entraîneur, les types de frappe autorisées et interdites, etc... Les protections obligatoires sont régulièrement revues et corrigées mais la violence des échanges, « nécessité » par les enjeux, occasionne toujours quelques blessures de temps à autres.

Les compétitions combat s'ouvrent maintenant aux enfants, de plus en plus jeunes. Même si les règles de sécurité sont encore plus prononcées pour eux, ils entrent dans un processus de compétitivité, qu'ils ne pourront quitter que très difficilement.

Revers de la médaille, en rétrécissant le champ d'action du combattant « martial », nous nous éloignons de plus en plus du Karate d'origine.

Les premiers championnats de Karate se sont déroulés en 1957 à Tokyo.

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Terminologie

Arm-lock : c'est une clé pour contrôler un adversaire. Ce contrôle est exercé grâce à la douleur que l'on va provoquer par une torsion des membres et des articulations. D'innombrables procédés, plus ou moins difficiles à réaliser, existent pour le cou, les bras et les mains ou les jambes et les pieds.

Budoka : Adepte d'un art martial japonais pratiqués en tant que Voies, quel que soit son grade.

Chudan : Niveau moyen correspondant au tronc (entre le nombril et le cou).

Dan : Signifie niveau ou degrés. Dans les arts martiaux japonais, les Dan désignent le niveau de progression technique et mentale d'un pratiquant. Le premier niveau étant le 1er Dan et le dernier, reconnu actuellement en Karate, 10éme Dan.
En Judo, le 12ème Dan a été décerné au fondateur, Jigoro Kano, à titre posthume. Il est symbolisé par une large ceinture blanche (couleur des débutants) pour signifier que l'apprentissage n'a jamais de fin.

Dojo : Un Dojo est un “ Lieu où l'on s'éveille par l'étude et par l'enseignement ”. Il est consacré à la pratique des Arts Martiaux ou à la méditation. Pour plus d'information, se référer à la page du Dojo.

Go-no-sen : Le défenseur commence par bloquer la technique adverse puis riposte sans attendre.

Ippon : Dans le contexte d'une compétition sportive (de Karate) équivaut à un point.
Un Ippon est donné quand une technique précise et puissante, pouvant être considérée comme décisive, est portée sur les points d'attaques reconnus (tête, abdomen, visage, cou, poitrine, côté et dos) , suivant certaines conditions : la forme de la technique doit être bonne, effectuée avec détermination et équilibre, la distance est correcte et la frappe contrôlée.

Jodan : Niveau haut correspondant au cou et à la tête (au-dessus des épaules).

Kata : Un Kata (qui signifie « forme ») est un enchaînement codifié et structuré de techniques ayant pour but la formation du corps, l'acquisition d'automatismes ainsi que la transmission de techniques secrètes. Le Kata dépasse l'aspect purement technique en permettant au pratiquant, par de très nombreuses répétitions, de tendre vers la perfection du geste et surtout de faire l'expérience de l'esprit.

Kiai : Désigne dans les arts martiaux, le cri de combat qui précède ou accompagne l'application d'une technique. Ce cri est utilisé notamment pour marquer une volonté d'action, ou bien pour perturber la concentration de l'adversaire. Pour plus d'information, vous pouvez consulter le lexique.

Kime : « Kime » signifie « énergie pénétrante ». La libération de cette énergie va se produire au moment bref et intense de la contraction générale du corps à l'instant précis de l'impact. C'est grâce à cette contraction, rendant le corps aussi « dur qu'un bloc de béton », que la puissance développée par la technique va se propager dans la cible.

Migi : Droit.

Sen-no-sen : C'est une disposition mentale qui permet au défenseur de contre-attaquer avant que la technique adverse ne parvienne à son but. C'est en quelque sorte, une attaque dans l'attaque. Le blocage, perte de temps, n'est pas effectué et le contre arrive en coup d'arrêt. Pour parvenir à ce résultat il nous faut posséder une perception hors du commun, une vitesse de réaction qui va de pair, une décontraction totale et un esprit parfaitement calme.
Au stade de la perfection, l'initiative sera prise au moment même où l'adversaire décidera d'attaquer. C'est le stade ultime pour lequel nous devons travailler.

Sun-dome : C’est le contrôle total de la technique. Le Karate-do est un Art et non un sport et chaque frappe est dangereuse. Elle se doit d’être maîtrisée pour l’intégrité de nos partenaires. Les techniques sont effectuées de façon réelle, avec la sensation de Kime, et stoppées brutalement au plus près de la zone visée.
Dans le terme Sun-dome, il y a deux notions : « Sun », signifiant « courte distance » et « Dome » indiquant l’action de stopper.

Tai-no-sen : Très proche du Sen-no-sen, il en diffère par le fait que le contre arrive en même temps que l'attaque adverse. Le principe est d'attendre que l'adversaire frappe et quand il pense fermement que sa technique va atteindre son but, esquivez en contre-attaquant vivement.

Tori : Désigne ici l'attaquant.

Uke : Désigne ici le défenseur.

Waza-ari : Dans le contexte d'une compétition sportive (de Karate) équivaut à ½ point.
Les critères pour l'obtention d'un Waza-ari est sensiblement les mêmes que pour le Ippon. Si la technique ne peut donner lieu à ce dernier pour insuffisance dans les conditions d'attributions, le ½ point sera accordé.

Zanshin : Etat d'esprit particulier ou aucune pensée ne vient troubler la quiétude apparente car la vigilance est à son paroxysme. Cette liberté est propice à la perception de toute chose pouvant souiller l'instant présent et permettre une réponse immédiate, appropriée et retourner tout aussi vite à l'état initial.

Au stade de la perfection, la moindre intention « mauvaise » pourra être perçue et la réaction en parfaite adéquation.

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Nombre de visites : 509 685Réalisation (Décembre 2012) et Mises à jour effectuées par Claude Vuichoud(Date de Modification : 15/12/2017)