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Le Dojo

Le mot Dojo se décompose en deux vocables « Do » (la voie, en chinois « Dao » ou « Tao ») et « Jo » (lieu, en chinois « Chang »). Le Dojo est donc le lieu où l'on étudie ou cherche la voie. Dojo se traduit également en sanscrit par « Bodhimandala » : le “Lieu d'édification”. Un Dojo est donc un “Lieu où l'on s'éveille par l'étude et par l'enseignement”. Il est consacré à la pratique des Budo (Arts Martiaux) ou à la méditation. Religions et Arts Martiaux ont toujours eu des rapports étroits et, aujourd'hui encore, nous en retrouvons les traces verbales et visuelles (Shomen et autres symboles). Souvent isolé, à l'abri des regards indiscrets, de taille modeste et construit sans fioriture, il n'en était pas moins un endroit d'éveil (Satori) et un symbole particulièrement fort des Budo.

Le Dojo est en quelque sorte un lieu sacré ou l’élève (comme l'instructeur d’ailleurs) va développer sa personnalité, découvrir petit à petit un véritable art de vie. En entrant dans le Dojo le pratiquant aura laissé à l'extérieur son quotidien pour s'abreuver, avec un esprit libre, du contenu de l'enseignement. Respect, Droiture, Politesse, Humilité sont des vertus qui doivent dominer dans l'enceinte de ce lieu (et dans l'idéal hors de cette enceinte).

Autrefois dans les Dojo, il n'y avait pas la notion d'instructeur et d'élèves, mais de Maître (Sensei) et de disciples (Deshi). La vie ici était organisée de façon stricte et tous, anciens (Sempai) et débutants (Kohai), entretenaient parfaitement ce lieu. Les rôles de chacun étaient bien établis : le Kohai devait respect, obéissance et considération au Sempai et ce dernier, en contrepartie, s'il était responsable du comportement du premier, il était également en devoir de lui faire franchir les étapes de sa progression. Ce n'était pas, comme aujourd'hui, une simple salle d'entraînement ou discutions et plaisanteries vont bon train, mais un lieu de vie ou le disciple devait se comporter suivant des règles précises (Dojo-Kun).

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Historique

Le premier Dojo daterait de la première année de l'ère Heïan (794-1185). Il fut construit par l'Empereur Kammu (736-806) dans le parc du Palais Impérial de Heïan Jingu à Kyoto. Le Butokuden, ou “Salle de la Vertu chevaleresque”, pris forme en l'honneur de Sakanoue Tamuramaro (758-811) revenant victorieux d'une campagne militaire.

Le Dojo Butokuden
Le Butokuden de Kyoto

La construction d'un Dojo authentique, étrangement, respecte les règles de l'ancienne tradition chinoise du Feng Shui. Le Shomen (ou siège supérieur) en est le mur principal. Situé au nord, il est la représentation de l'empereur du nord (titre de l'Empereur Kammu), et sera le porteur des éléments essentiels du Dojo. Nous y trouverons, éventuellement sur sa partie Est, un petit hôtel Shinto, le Shinzen (endroit divin) appelé aussi Kamiza (siège des Kami - divinités du feu et de l'eau) et orné en général de l'effigie du maître fondateur de l'école. Sur le même mur mais de l'autre côté, donc sur sa partie Ouest, seront affiché les portraits des ancêtres et les diverses calligraphies. Au centre de ce mur, le Shinza ou réside l'Esprit Originel du « centre Auguste du Ciel » (Ame No Minakanushi No Kami). C'est devant cet emplacement que le Sensei fera face aux élèves pour le salut.
Au Sud, faisant face au Shomen, nous aurons l'entrée du Dojo (Shimoza) en avant du Hikae-Seki, aire d'attente ou seront reçus visiteurs ou nouveaux élèves. l'Hikae-Seki pourra être séparé du Dojo par une cloison amovible afin de cacher au public certaines techniques propres à l'école.
A l'Est se situe le Joseki qui est la place d'honneur réservée aux plus anciens. Ceux-ci étant placés au plus près du Kamiza. Et enfin à l'Ouest, le Shimoseki qui est l'emplacement des moins anciens voire des non gradés.

Remarque : Aujourd'hui le Shomen ne se trouve pas forcement au Nord mais fera toujours face à l'entrée. Ainsi le Sensei pourra remarquer toute personne pénétrant dans le Dojo et intervenir à bon escient. Dans les lieux d'entraînement où règne encore le côté traditionnel de l'enseignement, vous retrouvez tout ou partie de cette représentation symbolique sans pour autant appartenir à une quelconque « secte religieuse ». Ce n'est que sous le signe du profond respect de chacun...

Plan d'un Dojo Traditionnel
Plan d'un Dojo Traditionnel

Plan d'un Dojo Traditionnel
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Le Dojo aujourd'hui

Les Dojo actuels n’ont plus cette âme respectueuse ou chaque objet doit être à SA place et pas ailleurs, ou l’espace tout entier suinte cette chose indéfinissable qui force le respect, un peu comme le cœur des anciennes églises qui nous pousse au silence, que l’on soit croyant ou non.
La froidure a fait sa place et de magnifiques Dojo, dignes des maisons d’architectes, ouvrent régulièrement leurs portes à des centaines et des centaines de personnes qui entrent et sortent sans avoir ressentis une once de cette humilité envahissante et formatrice au Budo. Cependant tout n’est pas négatif car ces grands espaces, qu’ils soient Dojo ou gymnases, permettent à un plus grand nombre d’accéder à de nombreuses disciplines dites « martiales » et c’est à l’instructeur de prendre le temps de « réchauffer » ces grandes salles.

Nos vies évoluent dans un monde de plus en plus aseptisé. Les normes, évolutives à outrance, resserrent nos champs d’actions, étouffent l’imagination et nous rassemblent dans la surprotection. Pour recevoir un public, les « Dojo » d’aujourd’hui doivent respecter un certains nombres de règles de volume, d’hygiène et de sécurité. Les lieux sont règlementés mais aussi le matériel d’entraînement, les tapis de sol, les protections... les méthodes d’éducation, etc... A ce rythme, seules les grandes structures auront le droit d’enseignement car les clubs de quartiers n’auront pas les fonds nécessaires pour adopter ces changements réguliers. A qui profite...

Il est bien loin le temps des petites salles sans chauffage ou la sueur était la seule norme en vigueur. Sans prôner l’insécurité, il existe toujours de très nombreux « Dojo » qui sont dressés « à l’arrache » dans des sous-sols ou des bâtiments dont la surface permet l’accueil de pratiquants motivés.

Mes premiers pas dans un Dojo datent de 1973 aussi, cet attachement pour les arts martiaux et le Karate-do en particulier a eu le temps de faire son chemin. Depuis quelques années j’ai « la chance » d’avoir des bâtiments sans affectation particulière donc, échafauder le projet puis construire mon propre Dojo (familial de 30 m2) fut un cheminement naturel. Quelques matériaux nobles et beaucoup d’huile de coude m’ont permis de réaliser ce « rêve » de pratiquant.

Voici l’entrée de ce Dojo.
Vue Entrée
l'entrée du Dojo
Porte en relief
La porte en relief du Dojo
Trois petites marches et mon petit paradis peut s’ouvrir. Détail de la fresque en relief.

Ici je vous propose d’autres photos de ce Dojo Doigt vers la Gauche
 
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Recommandations

Un Dojo est un lieu où nous étudions les Arts Martiaux, et comme tel certaines règles de vie doivent y être appliquées.

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Terminologie
Les définitions sont tirées d'après l'Encyclopédie des Arts Martiaux de Roland Habersetzer.

Budo : « Voie du combat » ou « voie du guerrier ». De BU = martial et DO = Voie. Désigne l’ensemble des arts martiaux japonais pratiqués en tant que Voies (Do ou Michi) éthiques, chemin de perfectionnement de l’homme en quête de soi-même.

Deshi : Disciple interne ou externe d'une école d'Art Martial.

Dojo-Kun : Enumération des règles en usage dans un Dojo pour un comportement correcte tout au long de son apprentissage. Le principe a été clairement posé pour la première fois à Okinawa par Sakugawa Kanga (1786-1867) et repris (voire complété) par tous les styles d'arts martiaux. Dans certaines écoles, ils sont récités à la fin de chaque cours.

Se référer à la page du Dojo-Kun de maître Funakoshi (Dojo-Kun), ainsi que celle de ses 20 préceptes (Les 20 Preceptes...)

Hikae-Seki : Littéralement lieu où l'on prend des notes. Aire d'attente d'un Dojo pour les visiteurs. Dans les Dojo traditionnels, elle est séparée de l'espace d'entrainement par une cloison, rideau ou autre permettant de conserver la confidentialité des cours.

Joseki : C’est la place d’honneur d’un Dojo traditionnel se situant au plus près du Kamiza ou se placent les plus hauts gradés. Aujourd’hui, cet emplacement correspond à la place occupée par les plus gradés à la gauche de l'instructeur lors du salut de début et de fin de cours.

Kamiza : Ou Shinden. C’est un autel ou siège (Za) de l’esprit de certaines divinités (Kami). Le Kamiza correspond au Shomen dans un Dojo d’arts martiaux japonais en direction duquel on salut en entrant et sortant. Dans l’agencement normal d’un Dojo traditionnel, il fait face à l’entrée (Shimoza).

Karategi : C'est le Keikogi porté par les Karateka lors des entraînements ou manifestations officielles. Aujourd'hui, il existe de nombreuses qualités de Karategi en fonction de son niveau de pratique, de son style et de ce que l'on pratique (exemple : Kata, combats...).

Kohai : Jeune élève par opposition à l’ancien (Sempai) dans les écoles d’arts martiaux traditionnels. Pour progresser, il doit franchir les premiers niveaux de grade. Il doit respect et humilité envers les anciens et effectuer certaines tâches dévolues aux débutants telles que rangements, nettoyage des locaux,...

Satori : Expérience de l’éveil marquant l’acquisition d’une sorte de 6ème sens. Vient du verbe « Satoru » : reconnaissance. Le Satori libère l’homme, après une longue maturation intérieure des illusions et lui fait apparaitre la force du vide. Ce concept du Zen est également présent dans la recherche des arts martiaux classiques dont il est l’aboutissement ultime pour celui qui chemine sur la voie (DO).

Sempai : C'est l'ancien gradé d'un Dojo. Il a parfois la responsabilité du cours dispensé. Le débutant (Kohai) lui doit respect, obéissance et considération. Si le jeune doit le respect à l'ancien, celui-ci est responsable du comportement du premier.

Sensei : C'est le professeur. Il désigne de manière générale l'enseignant et a également le sens de « celui qui est né avant ». On doit le respect au Sensei, qui par son expérience et sa volonté pédagogique, amène l'élève à progresser à travers son enseignement. C'est une référence au Dojo.

Shimoseki : Dans un Dojo traditionnel, c'est la place des sans grade situé au Sud-Ouest du mur principal. Aujourd’hui, cet emplacement correspond à la place occupée par les moins gradés en face et à la droite de l'instructeur lors du salut de début et de fin de cours.

Shimoza : C'est le « siège inférieur », mur inférieur du Dojo dans lequel se situe l'entrée. Il fait face au Shomen. Les élèves salut dos au Shimoza.

Shinto : Se référer au lexique (Shintoïsme)

Shinza : Assise du coeur/esprit d'un Dojo traditionnel. Il est au centre du mur principal (situé au Nord) ayant à l'Ouest, le Shimoza et à l'Est le Kamiza.

Shinzen : C'est un autre terme pour désigner le Kamiza.

Shomen : Mur principal d'un temple Shinto. Peut se traduire par « siège supérieur ». C'est le mur supérieur du Dojo, la place d'honneur faisant face au Shimoza.

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Nombre de visites : 508 690Réalisation (Décembre 2012) et Mises à jour effectuées par Claude Vuichoud(Date de Modification : 13/12/2017)